Catulle Mendès

Catulle Mendès (1841-1909) a épousé en 1866 Judith[1], fille de Théophile Gautier, qui connaissait bien et n’appréciait guerre son gendre. L’année suivante il a entrepris une liaison avec la compositrice Augusta Holmès[2] dont il a eu cinq enfants dont trois filles, que l’on retrouvera dans une peinture de Renoir[3] autour d’un piano en 1888. La dernière des filles, Hélyonne (1879-1955), épousera le poète et romancier Henri Barbusse[4]. Séparé d’Augusta Holmès en 1886 mais toujours marié, Catulle Mendès a vécu à partir de 1892 avec la comédienne Marguerite Moreno[5], future épouse (en 1900) de Marcel Schwob (1867-1905). Toujours marié à Judith Gautier, Catulle Mendès ne divorcera qu’en décembre 1896 (date controversée) pour épouser la poétesse Jeanne Mette (1867-1955) six mois plus tard.

Catulle Mendès est le critique dramatique du quotidien Le Journal. Il a écrit des poèmes, des romans, des contes, des pièces de théâtre, des livrets d’opéra, des essais. Eût-il vécu plus longtemps, il aurait écrit des scénarios de films. Prolifique mais décadent, Catulle Mendès écrivait avec une préciosité déjà désuète à son époque, cherchant parfois le mot rare avec un peu trop d’ostensibilité.

Maurice Boissard ouvre sa quatrième chronique dramatique, celle du du 16 novembre 1907, par ces mots : « Je suis allé cette dernière quinzaine cinq fois au théâtre. J’ai entendu onze pièces, comprenant ensemble vingt-cinq actes et cent seize rôles. Le lecteur lève les bras au ciel et m’admire sans m’envier ? Qu’il se rassure. Tant que je ne serai pas obligé d’entendre une pièce de M. Catulle Mendès, je ne me plaindrai pas ». Peut-être était-ce là un encouragement à la comédie en un acte (en lever de rideau de Maison de poupée) de Léo Marchès[6] et Clément Vautel[7] Mendès est dans la salle représentée au théâtre Fémina (par la troupe du théâtre de l’œuvre) à partir du 22 décembre[8].

Voyons quelques pages du Journal littéraire de Paul Léautaud à propos de Catulle Mendès.

Lundi 4 janvier 1904,
après un déjeuner chez Marcel Schwob et Marguerite Moreno

Je connaissais déjà parfaitement Mlle Moréno, pour l’avoir vue souvent dans les couloirs du théâtre quand elle était à la Comédie. Je l’ai vue aussi plusieurs fois, il y a quelques années, le dimanche matin, à la gare Saint-Lazare, quand j’allais à Courbevoie chez mon père, et qu’elle prenait le train avec Mendès pour aller à sa maison de Saint-Germain[9].

Ce qu’elle me raconta un jour de la facilité à faire venir Mendès avec une lettre de femme, jeu auquel elle s’est amusée souvent. Elle lui écrivait, en déguisant son écriture, une lettre supposée d’une admiratrice, qui serait heureuse de faire sa connaissance, qui l’attendra tel jour, à telle heure, à tel endroit, dans un fiacre, qu’il pourra reconnaître à telle ou telle particularité. Jamais de ratage. Chaque fois, il arrivait au rendez-vous. La portière du fiacre ouverte, Mlle Moréno se montrant : « Eh ! bien, idiot, c’est moi ! »

Je ne sais plus qui, de leurs familiers, m’a raconté entre autres détails de la liaison de Moréno avec Mendès, celui-ci : Mendès finissait généralement sa soirée à la brasserie du carrefour Châteaudun[10]. Fréquentes scènes entre les deux amants, Mendès parfois un peu ivre, et un soir, à la sortie, la jetant par terre, lui tenant le visage dans le ruisseau, avec ces mots : « Embrasse ta sœur, la boue. »

C’est à lui, certainement, qu’elle doit sa façon merveilleuse de dire les vers.

On la trouve laide. On n’est pas laide avec un visage si expressif, si fin en même temps. Les yeux, le nez, la bouche sont pleins d’esprit. Elle en a d’ailleurs comme rarement chez une femme. C’est la malice et la satire féminines en personne. Avec cela, excessivement simple, camarade, et même un peu voyou.

Elle disait, l’autre jour, d’une dame qui a les jambes un peu torses : Elle a des jambes Henri II.

J’ai fait une gaffe à déjeuner. Je me suis mis à dire que j’ai horreur des gens du Midi. Mlle Moréno a éclaté de rire : « Dites donc, Léautaud ! Vous savez que je suis née à Bordeaux et de parents de ce côté-là. »

L’influence des gens qu’on fréquente. Schwob, couché, faible, de vie si mince, trouvant tout vain, sans intérêt, vivant dans une faible lumière, obligé de demander aide pour se bouger, avec des : À quoi bon ? sur tout[11]. On sort de là en se disant soi-même : À quoi bon ? Tout comme au contraire le spectacle, le voisinage, la fréquentation d’un homme actif, alerte, d’humeur vive, un peu chaude, vous donne du cœur et de l’esprit au travail. Il y a certainement une hygiène de société comme il y a une hygiène de lecture, — ces livres qu’il faut bien se garder de lire, si admirables qu’ils soient ou qu’on dise qu’ils soient.

7 novembre 1907

Vallette racontait des choses très justes sur Jarry[12]. Rien d’un arriviste. Ainsi, le soir de la représentation de Ubu roi[13], Vallette, lui et Rachilde étaient au café avec Mendès. Mendès était à une table, écrivant son article. Ne sachant trop comment s’en tirer, il demanda à Rachilde, ne voulant pas avoir l’air de se faire éclairer ouvertement par Jarry, de faire en sorte que Jarry vînt s’asseoir à côté de lui. Ils causeraient négligemment, et Mendès aurait ce qu’il voulait. Jarry s’y refusa absolument, répondant à Rachilde : « Mais non, mais non », avec cette voix et cette intonation spéciale qu’il affectionnait, et riant. « Laissons-le barboter, s’empêtrer. Ce sera bien plus drôle[14]. » Cela, c’est bien le caractère de Jarry.

[…]

On viendrait me dire demain : votre Prix Goncourt dépend d’un éloge de vous sur Mendès, je refuserais carrément, mais carrément. Qu’il me tombe sous la main, ce Mendès, le plus bel exemple de chiqué littéraire, d’imitation, de démarquage, de faux art. Le triomphe de l’échec, l’apothéose du puffisme[15]. Rien que des fours, rien que des insuccès, romans pas lus, pièces jouées huit jours, et cependant une situation littéraire assez imposante ! C’est à se tordre, et la plupart des gens qui l’adulent n’en doivent pas croire un mot au fond d’eux-mêmes.

Maintenant, il y aurait peut-être un singulier plaisir, vif, et grand, de commettre une complaisance justement vis-à-vis de celui que je méprise le plus.

Mardi 26 mai 1908,
lors de la cérémonie d’inhumation de François Coppée[16]

Après un moment, nous sommes entrés dans le cimetière et avons dû prendre la suite de la queue, pour passer devant la tombe. Il y avait là Moréas[17], Gregh[18], Cazals[19], Paul Fort[20], Albert Lambert père[21], etc. Je me trouvai à côté de Hirsch[22], Mendès quelque part devant. Je me demandais en moi-même ce que je faisais là, comme je me l’étais déjà demandé le matin, avant de partir, comme je l’avais également demandé ensuite à Jean de Gourmont[23]. « Qu’est-ce que nous faisons là, voyons ? dis-je à Hirsch. Pour moi, je serais bien embarrassé de le dire. Fort, je le comprends. C’est un poète. Mais nous ? — Moi, je le sais, me dit Hirsch. Je suis venu, parce que c’était un brave homme. » Conversation ensuite sur le désordre du cortège, les places usurpées par les gens à Déroulède[24] et Drumont[25], alors que le plus ancien ami de Coppée, Mendès, était là, à la queue, au milieu de nous. Appréciations de Hirsch sur Coppée, vrai poète, un des derniers modèles, d’accord là-dessus avec moi, du véritable homme de lettres, et qu’imitent, et à qui retournent, disait Hirsch, de nombreux nouveaux poètes, sans avoir son souci de la forme. Je racontai ensuite à Hirsch le mot de Coppée sur Mendès : Un vieux page, doublé d’un vieux juif. Hirsch m’en a raconté un de Mendès sur Coppée qui est vraiment une petite merveille. Un jour, Hirsch se trouvait avec des camarades de son âge avec Mendès. On parlait de Coppée. Tous les jeunes se trouvaient d’accord pour l’éreinter, poliment, quand même l’éreinter. Mendès les laissait dire, en souriant, leur répétant de temps en temps qu’ils avaient tort, qu’ils ne voyaient pas la beauté, l’art, etc. À la fin, agacé, Hirsch se mit à lui dire : « Allons, mon cher maître, vous exagérez. La poésie de Coppée… c’est de la poésie de concierge. — Hé ! répondit Mendès, le cordon est en or ! » […]

8 février 1909

Albert[26], arrivant à midi au Mercure, nous apporte cette nouvelle des Débats, Mendès mort cette nuit, en gare de Saint-Germain, au moment où il rentrait. Accident ? Maladie ? On ne sait au juste. Il faut attendre le premier journal du soir[27]. C’est tout de même une personnalité qui disparaît. L’œuvre, on n’en saurait trop quoi dire. Très grande, vaste et variée, mais déjà bien du déchet et il n’en restera probablement pas grand’chose. L’homme était curieux, et sa vie curieuse aussi. Près de cinquante ans de vie littéraire, parti de Théophile Gautier pour aboutir à aujourd’hui. Une grande activité, une grande curiosité, une grande souplesse intellectuelle et physique, restées les mêmes. La vie d’un bohème ! Vallette disait ce matin que tout l’avoir de Mendès aurait pu tenir dans une valise. Il y a aussi une phrase de Gourmont, dans un Épilogue : « Cet homme aura passé sa vie à courtiser la gloire sans jamais réussir à coucher avec. » N’importe ! Une vie intéressante, et autrement intéressante que nos existences popotes. Il a tout raté littérairement, c’est entendu. C’est encore une beauté, la beauté de l’ironie, du ratage, du grand effort, du grand labeur aboutissant à rien. Tout de même, il a aimé vraiment les lettres, par-dessus tous les échecs, par-dessus toutes les nouveautés qui le vieillissaient chaque fois un peu plus. Ce qu’il a dû voir de choses, de gens, et tout ce qu’il me semble que j’en aurais tiré à sa place. C’était un artiste, un poète lyrique. Ces gens-là ne savent rien faire de la vie. Il n’y aurait pas une page de Mémoires de Mendès que je n’en serais pas étonné.

Vallette voudrait pour le Mercure un bel article, l’article qu’il y a à faire, où on passerait en revue la vie de Mendès, avec sa fantaisie, ses heurts, sa diversité, son décousu, et l’écrivain de tout, sur tout, etc. Il l’avoue : « Je ne l’aurai pas. Je n’ai personne ici pour l’écrire[28]. » C’est vrai. Il n’y a personne. Pourtant, quel beau morceau à écrire, vie privée et vie littéraire mêlées. Je me serais bien offert, mais il faudrait que je sache à fond tout cela et je ne le sais que par bribes.

Voici dans une édition spéciale de L’Intransigeant les premiers détails. Il n’y a vraiment qu’un mot sur une telle mort : c’est horrible. On l’a mis presque tout de suite en bière, pour le ramener à Paris. Sans cela, je serais bien allé tout de suite à Saint-Germain, pour tâcher de le voir.

« Informé par un agent de la Compagnie de l’Ouest[29], ce matin à 6 heures, qu’un cadavre se trouvait sur la voie ferrée, sous le tunnel de Saint-Germain, M. Carrette, commissaire de police, accompagné de son secrétaire, M. Belleydier, se rendit aussitôt sur les lieux de l’accident.

« Il reconnut M. Catulle Mendès et fit les premières constatations.

« M. Catulle Mendès se sera réveillé en arrivant en gare et aura voulu descendre du train en marche.

« Son cadavre a été retrouvé à soixante-sept mètres en avant de la plate-forme du débarquement. Ce qui fait supposer qu’il a voulu descendre avant l’arrêt, c’est qu’on a trouvé, sur le lieu de l’accident, sa canne brisée et son chapeau haut de forme à quelques pas.

« La mort a dû être presque instantanée. Le corps porte les contusions suivantes : Fracture complète du crâne avec écrasement de la matière cérébrale, qui avait rejailli sur le corps, le bras droit et le pied coupés, l’épaule complètement désarticulée. »

Je n’ai rien pu faire de toute la soirée, hanté par le spectacle que je me représentais de Mendès tombant du train et roulant, la tête à moitié broyée. On a beau dire le contraire, je ne puis croire qu’il n’ait pas eu, seulement une seconde, si on veut, l’idée qu’il allait être tué.

9 février 1909

Vallette est allé cette après-midi boulevard Malesherbes, chez Mme Mendès[30]. Il nous a rapporté ces détails suivants.

La maison la plus désordonnée qui soit. Il y avait là le graveur Desmoulins[31]. On s’occupait d’une place, dans le salon, pour le cercueil, qu’on attendait. On en trouva une en enlevant un poêle à gaz, devant la cheminée. En l’enlevant, on s’aperçut que le robinet qui fermait la conduite et qui était ouvert ne fonctionnait pas. Impossible de le fermer. Il fallut que Vallette, avec des pinces, travaillât à le faire fonctionner[32]. Ainsi, chaque jour, on se contentait de fermer le robinet du poêle, risquant ainsi, si le tuyau de caoutchouc était mauvais, l’infiltration du gaz dans tout l’appartement. Et il y a deux bonnes dans la maison. Il paraît qu’elles se tenaient là, les bras croisés, comme deux gourdes. Mme Kahn[33], qui est venue immédiatement et qui a pris la direction de tout, leur a fait, paraît-il, une de ces sorties !… justifiée, à ce qu’il paraît. Elle a eu l’occasion de leur en faire une nouvelle, au moment qu’on eut besoin de verres et que fouillant dans un placard, on trouva là toute une collection de verres sales, rangés tels quels.

Des gens venaient pour s’inscrire. Aucun registre, pas la moindre feuille de papier, et impossible d’en découvrir dans l’appartement. Il fallut que Rachilde allât acheter elle-même chez un papetier voisin un cahier de papier. Ce fut alors de quoi écrire qui manqua. Ni plume ni crayon. Enfin, un visiteur, qui avait un porte-plume sur lui, consentit à le laisser. Jusqu’à l’électricité qui ne marchait pas.

Une chose tout à fait bien. Dès qu’il a su l’accident, Dierx[34] est parti pour Saint-Germain. Il y a passé toute la nuit sur une chaise, à veiller son ami. Rentré à Paris ce matin, après la fermeture du cercueil, il est revenu cette après-midi boulevard Malesherbes, reprendre sa place.

C’est le moins connu des Parnassiens qui survit aux autres. J’ai toujours oublié de noter le nom sous lequel Mme Mendès s’est fait connaître : Claire Sidon[35].

Tout le monde se demande quel sera le successeur de Mendès dans la critique dramatique du Journal. Richepin[36], très probablement, cela ne donne pas une riche idée de la critique dramatique, que d’y voir cet homme qui, sorti de ses quelques vers, n’a jamais rien écrit qui signifie quoi que ce soit, preuve qu’on peut être un poète et un simple sot. Le bruit avait aussi couru de Hirsch, mais il paraît, d’après ce qu’aurait dit Payen[37], qu’il n’en a jamais été question.

Une jolie anecdote, racontée tantôt par Albert.

Un jour, Mendès arrive chez le dessinateur Lucien Métivet[38].

« Mon cher, je viens vous demander un service. J’ai absolument besoin de cinquante louis[39]. Vous allez me les prêter. »

Métivet s’excuse. Il n’a pas la somme. Il ne peut la prêter.

« C’est bien, tant pis, dit Mendès. Maintenant, autre chose. J’ai un conte qui va paraître chez Fasquelle. Voulez-vous en faire les illustrations ? »

Métivet accepte. « Eh bien, dit Mendès, je vais justement chez Fasquelle. J’ai une voiture. Venez avec moi. Nous traiterons tout de suite. »

Il emmène Métivet chez Fasquelle. On signe le traité. Quand c’est fait, Mendès dit à Fasquelle « Maintenant, Métivet a besoin de 1 000 francs. Vous allez les lui avancer. » La somme est avancée, et Mendès et Métivet repartent. Aussitôt dehors : « Vous voyez bien que nous les avons, les cinquante louis », dit Mendès à Métivet. Il fallut bien que celui-ci les lui remît.

[…]

J’ai acheté ce soir, en sortant du Mercure, Le Petit Journal[40]. Un excellent article sur Mendès, signé Rouzier-Dorcières[41], et des détails qui paraissent des plus justes sur la façon dont s’est produit l’accident. Il y est notamment parlé d’un geste de Mendès voulant s’appuyer sur sa canne, qu’il croyait poser sur le quai de la gare, pour descendre de wagon, et où j’ai tout de suite revu le geste que j’ai vu souvent à Mendès pour descendre de voiture. Ce journal de concierges aura été celui qui aura donné, même littérairement, les choses les plus justes[42].

Le geste de Morisse[43], ce matin, en se frottant les mains : « Je suis content. Mendès est mort !… » Il passe son temps, depuis la nouvelle, à en dire le mal le plus inexact, sans vouloir rien voir, de parti-pris, des côtés curieux de l’homme et de sa vie.

Vallette disait ce soir : « C’est toute une époque qui s’en va, et une époque qui valait fichtrement mieux que la nôtre. (Il entendait une époque littéraire.) On peut dire de Mendès tout ce qu’on voudra, le traiter si on veut de commis-voyageur littéraire, d’impresario du Parnasse, ce qui ne serait que reconnaître qu’il a été un chef, qu’il a su grouper, dominer des gens, les mettre en vedette, les faire connaître. Il a vraiment aimé les lettres, jusqu’au bout, toujours, et comme on ne sait plus les aimer aujourd’hui. J’en sais quelque chose. Je le vois tous les jours. »

La mort de Mendès a aussi donné à Vallette le remords de n’avoir pas mis pour le Mercure une couronne à Coppée. Le Mercure en a mis une à Verlaine, à Mallarmé, à Heredia[44]. Il va en mettre une à Mendès. L’omission pour Coppée ne s’explique pas. Ainsi parlait Vallette. Il a eu aussi cette réflexion que la mort des prosateurs fait moins d’effet que la mort des poètes, disant que la mort d’Edmond de Goncourt[45], par exemple, a passé presque inaperçue. Je n’ai pas de grands souvenirs à ce sujet. Je crois que Vallette exagère.

[…]

Mercredi 10 Février

Été voir au Cimetière Montparnasse, en sortant à midi du Mercure. Beaucoup de monde. Rien vu d’intéressant, ni rien entendu des discours, qui ne m’intéressaient en rien. Spectacle du jeune Primice Mendès[46] emmené en larmes par le graveur Desmoulins, et repassant ensuite en voiture, toujours sanglotant, la tête sur l’épaule du vieil ami.

[…]

Hirsch va faire dans le Mercure, pour un ou deux numéros, l’intérim de Quillard[47] pour les Poèmes. Il a donné sa chronique pour le numéro du 16. C’est d’un comique ! Involontaire et inconscient, hélas.

Il a fait aussi un Écho sur Mendès[48]. Il a fallu que Vallette le retape[49]. Et c’est lui qui va faire l’article. Pauvre Mendès. Il va avoir là un de ces enterrements de pauvre ! Et je vois Herold, écrivant son affaire avec son air grave[50]. Ah ! ce n’est pas Ferdinand le Noceur.

Le comédien Jean d’Aragon[51], le mari de Moréno, s’est fait marchand de chevaux. Moréno avait bien raison de dire, quand on s’étonnait de la voir épouser ce garçon après avoir vécu avec un homme comme Schwob : « Oh ! vous savez, j’en ai assez, des cerveaux ! »

Moreno n’était pas à l’enterrement de Mendès. Ce qu’on appelle les convenances s’oppose-t-il que l’ancienne maîtresse d’un homme, mort marié, assiste à l’enterrement de celui-ci ? Je ne suis pas du tout au courant de ces choses-là. Si toutes étaient venues, cela aurait fait un beau cortège de « pleureuses ». Il n’y avait que Mme C… L…, qui ne pleurait pas.

Les filles de Mendès avaient aussi l’air bien calme, sous leurs élégants voiles de deuil.

Hirsch, lui, paraissait bien fatigué, et la figure d’un homme qui avait pleuré. Je n’ai pas vu Mme Mendès.

Les frères Fischer[52], qui ont l’air de deux Gugusses de Cirque (École anglaise).

La question se pose beaucoup de savoir si Mendès a été tué sur le coup, ou par le ou les autres trains qui lui ont passé dessus, le mutilant, et si, même s’il a été tué dès sa chute, il n’a pas eu un certain moment à souffrir. Hirsch a interrogé le médecin, lui a demandé son avis. Le médecin a répondu qu’il ne pouvait pas du tout assurer que Mendès n’ait pas souffert.

On envisage même cette affreuse chose comme possible. Mendès tombant, blessé, étourdi, mais pas tué immédiatement, mourant sous le passage du train suivant[53]. Il y aurait eu, dans ce cas, un certain espace de temps pendant lequel on aurait peut-être pu le sauver, au moins le tirer de là.

Bibliographie[54]

Mercure de France des 16 février 1909 (page 760 par Charles-Henry Hisrch) et 1er mars (pages 5 à 16, par Ferdinand Herold).

Le Figaro du 9 février 1909 (une colonne en une, quatre colonnes page deux.

L’Intransigeant du 9 février 1909.

Le Petit Journal du 9 février 1909, deux colonnes en une et quatre colonnes page deux.

Comœdia du 22 mars 1922 : « Le Souvenir de Catulle Mendès » par Gustave Kahn (à peu près illisible) ;

https://is.gd/V62m0M


[1] Judith Gautier (1845-1917), fut la première femme à entrer à l’Académie Goncourt, en 1910, à la mort de Jules Renard. Judith Gautier était passionnée par la langue, la culture et la littérature chinoises. Plus tard « proche » du compositeur Richard Wagner, elle a ensuite été l’une des nombreuses maîtresses de Victor Hugo.

[2] Augusta Holmès (Augusta Holmes, 1847-1903) compositrice française (surtout du chant) d’origine britannique naturalisée française en 1873.

[3] Auguste Renoir, Les filles de Catulle Mendès, huile sur toile de 160 cm x 130 cm parfois visible au Metropolitan Museum of Art de New York qui en est propriétaire mais la toile n’y est pas exposée en permanence. Il s’agit à l’origine d’une commande de Catulle Mendès à Auguste Renoir pour la somme de cent francs.

[4] Après quelques poèmes remarqués, Henri Barbusse (1873-1935) écrit L’Enfer en 1908, à peu près illisible de nos jours. De ses expériences militaires au cours de la Première Guerre mondiale, Henri Barbusse tirera Le Feu, prix Goncourt 1916. Il est important de noter ici que tous les prix Goncourt de la guerre ont été décernés à des écrivains combattants. Après la guerre, Henri Barbusse fondera le mouvement pacifiste « Clarté », doté d’une revue éponyme, qui paraîtra jusqu’en 1924. Lors de son premier voyage en URSS vers 1925, Henri Barbusse rencontrera Lénine et Gorki. À son retour il sera directeur littéraire du journal L’Humanité. Depuis longtemps fragile du cœur, Henri Barbusse mourra à Moscou en août 1935. Il a fait partie de la première édition des Poètes d’aujourd’hui.

[5] Marguerite Monceau (Marguerite Moreno, 1871-1948), comédienne. Moreno était le nom de sa mère. PL écrira souvent Moréno. Marguerite Moreno est entrée à la Comédie-Française en 1890. Maîtresse de Catulle Mendès elle a ensuite épousé Marcel Schwob en 1900, qui est mort en 1905. Marguerite Moreno a ensuite épousé le comédien Jean Daragon (1870-1923), qui la laissera veuve une seconde fois.

[6] Léo Marchès (Léo Marchessaux, 1870-1944), auteur dramatique complètement oublié, surtout connu à l’époque pour Le Train de 8 heures 47, adaptation du roman de Georges Courteline et La Petite dame du train bleu, opérette en trois actes de 1927.

[7] Clément Vautel (Clément-Henri Vaulet, 1876-1954), journaliste, romancier et dramaturge d’origine belge, surtout connu pour ses œuvres de haute tenue telles que Mon curé chez les riches (1923) ou Les Femmes aux enchères (1932).

[8] Le Journal des débats du vendredi 27 décembre 1907, page trois, écrit « Monsieur Jehan Adès y représente un directeur de théâtre qui s’entend aux affaires et Monsieur Lugné Poe un auteur sans illusions : l’observation des auteurs ne laisse pas d’être très cruelle mais ils ont infiniment de bonne humeur. Mise en scène très pittoresque. Très vif succès. »

[9] Trois rue de Sully. La maison existe encore en 2020.

[10]        Peut-être la Taverne Pousset, ouverte en 1879 par Fernand Pousset. À l’occasion de l’exposition universelle de 1889, l’établissement déménagea au 14 boulevard des Italiens, ou il subsista sous ce nom jusqu’en 1924 ou 1925. Il y eut ensuite un ou deux « petit Pousset ».

[11]        Marcel Schwob mourra l’année suivante, en février 1905, âgé de 38 ans. Voir ici La Mort de Marcel Schwob.

[12]        Alfred Jarry (1873-1907) est le célèbre auteur d’Ubu roi, drame en cinq actes publié au Mercure de France en 1896. Le couple Vallette/Rachilde était très proche d’Alfred Jarry.

[13]        Le 10 décembre 1896 par la troupe du théâtre de l’Œuvre sur la scène du Nouveau-Théâtre, 15, rue Blanche, aujourd’hui Théâtre de Paris.

[14]        Selon l’auteur dramatique Fernand Nozière dans son Lugné Poe paru chez Chiberre en 1921, Catulle Mendès aurait écrit (page 14) « Il deviendra, une légende populaire des instincts vils, affamés, immondes. Mr. [sic] Jarry aura créé un masque infâme. » Fernand Nozière ne cite pas sa source.

[15]        Paul Léautaud emploie souvent ce mot, parfaitement tombé dans l’oubli, qui vient de l’anglais to Puff : « souffler, émettre brusquement un souffle d’air » et qui désigne un acte tapageur, trompeur et vaniteux (TLFi). Il semble que l’introduction française de ce mot soit de Stendhal, ce qui explique cet emploi chez Léautaud.

[16]        François Coppée (1842-1908), poète nostalgique parisien et auteur dramatique à succès. D’abord employé à la bibliothèque du Sénat, François Coppée fut nommé en 1878 archiviste de la Comédie-Française, poste dont il a démissionné en 1884, date à laquelle il fut élu à l’Académie française.

[17]        Jean Moréas (Ioánnis A. Papadiamantópoulos, 1856-1910), poète symboliste grec d’expression française. En 1886, Jean Moréas, Paul Adam et Gustave Kahn ont fondé la revue Le Symboliste. Le jeune Jean Moréas a parfois publié dans de petites revues sous le pseudonyme de Vincent Muselli. Voir Alexandre Embiricos « Les débuts de Jean Moréas » dans le Mercure du 1er janvier 1948, page 85.

[18]        Fernand Gregh (1873-1960), poète, critique littéraire et historien, président de la Société des gens de lettres en 1949-1950, membre de l’Académie française en 1953, à 80 ans, après treize échecs. Les débuts de Fernand Gregh sont décrits par Paul Léautaud dans sa notice des Poètes d’aujourd’hui.

[19]        Frédéric-Auguste Cazals, (1865-1941), dessinateur, illustrateur et écrivain. Voir, à la fin de la journée du 11 janvier 1926 une note concernant l’héritage, par Cazals, du « dernier » et « unique » exemplaire d’Une saison en enfer détenu par Verlaine à la mort de Rimbaud.

[20]        Paul Fort (1872-1960), poète et auteur dramatique, créateur du Théâtre d’Art (futur théâtre de l’Œuvre) au côté de Lugné Poe. Les premiers poèmes de Paul Fort paraissent dans le Mercure en 1896. En 1905, Paul fort a créé la revue Vers et prose aux côtés de Jean Moréas et André Salmon. Suite à une référendum dans des journaux, Paul Fort sera élu « Prince des poètes » en 1912. Son neveu, Robert Fort (1890-1950), épousera Gabrielle Vallette (1889-1984), fille d’Alfred Vallette, en 1911.

[21]        Albert Lambert (1847-1918), auteur dramatique (surtout de vaudevilles), poète et comédien. Son fils (1865-1941) est comédien, sociétaire de la Comédie-Française pendant 44 ans (de 1891 à 1935). Il n’a tourné que dans quelques films, en 1908-1909.

[22]        Charles-Henry Hirsch (1870-1948), poète, romancier et dramaturge, responsable,  au Mercure, des rubriques littéraires et artistiques depuis 1899. C.‑H. Hirsch est, ces année-ci, employé de banque jusqu’en 1907. Il collabore également au Journal depuis 1902, au Matin, à Excelsior et au Petit Parisien. CHH est aussi un auteur de romans populaires ou naturalistes, comme son célèbre (à l’époque) Le Tigre et Coquelicot de 1905 chez Albin Michel, ou licencieux comme Poupée fragile, chez Flammarion en 1907. En 1910, il sera un des défenseurs des Fleurs du mal de Baudelaire. Il est aujourd’hui essentiellement connu comme l’auteur du scénario du film Cœur de lilas (Anatole Litvak 1931) avec Jean Gabin. Le 15 janvier 2020 sera évoquée ici l’affaire Monsieur Batule et ses amis, “conte” de Charles-Henri Hirsch.

[23]        Jean de Gourmont (1877-1928), de 19 ans le cadet de Remy, est également écrivain (essais et deux romans).

[24]        Paul Déroulède (1846-1914), licencié en droit, poète, auteur dramatique et romancier. Paul Déroulède est cependant bien plus connu de nos jours comme le fondateur de la Ligue des patriotes, association revancharde (de la défaite de 1870) en 1882. Son Clairon a longtemps été le chant patriote enseigné dans les écoles : « L’air est pur, la route est large, / Le clairon sonne la charge, / Les zouaves vont chantant,… » Deux fois député de la Charente, Paul Déroulède, violent, a provoqué plusieurs incidents majeurs dans l’hémicycle. En 1900, suite à une tentative de coup d’état, davantage mise en scène que réelle, il est condamné à dix ans de bannissement pour complot contre le Gouvernement.

[25]        Journaliste polémiste et homme politique antidreyfusard, nationaliste et antisémite Édouard Drumont (1844-1917) est également le créateur de la Ligue nationale antisémitique de France et le fondateur du journal La libre Parole. Édouard Drumont a été député d’Alger de 1898 à 1902.

[26]        Henri Albert (Henri-Albert Haug, 1869-1921). Il signait de ses seuls prénoms et beaucoup pensaient ainsi qu’il se nommait Albert. Il tint au Mercure une rubrique de lettres allemandes. Dans d’autres journaux il utilisait parfois le pseudonyme de Matin Gale. Lire, à l’occasion de sa mort, un court portrait par Paul Léautaud dans son Journal au trois août 1921.

[27]        L’Intransigeant daté du 9 (donc paru le soir du 8), publie une édition spéciale sur une feuille recto-verso consacrant deux colonnes à l’accident. La une est titrée sur toute sa largeur « Mort effroyable de Catulle Mendès ». D’après Le Matin du 9, Mendès a pris, comme souvent, le train de minuit treize à la gare Saint-Lazare pour rentrer chez lui à Saint-Germain et il s’est endormi. Le train s’est arrêté un instant sous le tunnel juste avant la gare de Saint-Germain et Mendès, se réveillant brusquement s’est cru arrivé. Il a ouvert la porte au moment où le train redémarrait, cherchant le quai de la pointe de sa canne. L’à-coup du départ, la porte butant sur la paroi du tunnel (où on a retrouvé des traces) ont déstabilisé un Mendès assez corpulent et mal réveillé, qui est tombé, a rebondi sur la même paroi du tunnel et a fini sous les roues du train. Buvant fort — Eugène Rouzier Dorcières témoigne de « douze à quinze verres de fine champagne » — vivant seul depuis une année, Catulle Mendès revenait de dîner chez un ami. Il n’est donc pas impossible qu’il ait été ivre, la soirée étant déjà bien avancée. (D’après Le Petit journal du 9 février).

[28]        Il paraîtra cependant un « Écho » de Charles-Henry Hirsch, non signé, dans le Mercure du 16 février et un article d’une dizaine de pages de Ferdinand Herold en ouverture du Mercure du 1er mars.

[29]        PL retranscrit exactement une partie de l’article de L’Intransigeant.

[30]        L’Intransigeant nous a appris que Catulle Mendès et Jeanne Mette étaient séparés depuis quelque temps. Il n’est pas impossible que Fernand Desmoulin (1853-1914), dessinateur et graveur, se soit installé chez Madame Mendès. Voir la note de Catulle Mendès au 4 janvier 1904.

[31]        Fernand Desmoulin (1853-1914), dessinateur et graveur, adepte du spiritisme, 19, rue de l’Odéon. Ami d’Émile Zola.

[32]        Alfred Vallette, ancien ouvrier typographe, féru d’automobile, était habile de ses mains.

[33]        Elisa Rose Dayre (1860-1933) a épousé en 1889 Gustave Kahn (1859-1936), chartiste, poète symboliste et critique d’art, ami proche de Catulle Mendès.

[34]        Léon Dierx (1838-1912), que ses pairs élirent « prince des poètes » à la mort de Stéphane Mallarmé. Voir un saisissant portrait de Léon Dierx dans André Billy, Le Pont des Saint-Pères, à partir de la page 156, chapitre « La Guerre des deux rives ».

[35]        Jeanne Mette (1867-1955), poète et journaliste, qui a épousé Catulle Mendès en secondes noces en 1897, écrit parfois sous le pseudonyme de Claire Sidon.

[36]        Jean Richepin (1849-1926), normalien, poète, romancier et auteur dramatique. Jean Richepin rencontre une immense notoriété en 1876 avec La Chanson des Gueux, qui lui vaut un procès pour outrage aux bonnes mœurs. Jean Richepin fait un mois de prison mais en sort célèbre. Jean Richepin sera reçu à l’Académie française par Maurice Barrès en 1909.

[37]        Louis Payen (Albert Liénard, 1875-1927) avait été secrétaire de Catulle Mendès et reste proche. Louis Payen est librettiste, il sera secrétaire général de la Comédie-Française.

[38]        Lucien Métivet (1863-1932), peintre, affichiste et illustrateur.

[39]        Le Louis (d’or), créé en mars 1803, correspondait à un Napoléon de vingt francs, d’un poids d’environ 5,8 grammes. Ces dix dernières années, la valeur de ce Napoléon a varié entre 180 et 280 €uros. La somme demandée par Mendès à Lucien Métivet correspond donc de nos jours à une somme comprise entre 9 000 et 14 000 €uros, ce qui peut sembler excessif pour les illustrations d’un conte.

[40]        Daté du 9, deux colonnes en une et quatre en page deux.

[41]        Eugène Rouzier-Dorcières (avec un tiret, 1872-1916), escrimeur-duelliste, homme de lettres, journaliste, auteur d’ouvrages sur le duel, engagé volontaire en 1914, mort au champ d’honneur. Catulle Mendès ayant provoqué plusieurs personnes en duel, Eugène Rouzier-Dorcières était devenu un de ses proches.

[42]        Ce même journal, comme de nombreux autres ce jour-là, annonce aussi la mort du comédien Coquelin cadet en bas de la une, avec photo. Il est surprenant que PL n’en fasse même pas mention alors qu’il lui a écrit pour le solliciter le 15 novembre 1904 et que son père a dû bien le connaître.

[43]        Paul Morisse partage le bureau de PL depuis janvier et jusqu’en 1911. Il est aujourd’hui connu pour être le traducteur des Hymnes à la nuit de Novalis en 1908 (voir au 26 octobre 1908) et aussi de Stefan Zweig pour son Émile Verhaeren, sa vie, son œuvre en 1910. Voir André Billy, Le Pont des Saint-Pères, Fayard 1947, pages 35-37. Dans une lettre à André Rouveyre du 21 juillet 1942 nous lirons : « Je pense que vous vous rappelez Paul Morisse. Il est établi libraire avenue de Breteuil, je vais lui dire bonjour de temps en temps. »

[44]        José-Maria de Heredia (1842-1905), poète d’origine cubaine né sujet espagnol et naturalisé français en 1893 a été l’un des maîtres du mouvement parnassien bien qu’il n’ait publié qu’un seul recueil de poèmes, Les Trophées, en 1893.

[45]        Edmond de Goncourt est mort en 1896.

[46]        Primice Mendès (1897-1917 au Chemin des Dames) était le fils de Catulle et de Jeanne Mette, sa dernière épouse. Il était le filleul de Sarah Bernhardt. Il avait donc douze ans en 1909.

[47]        Pierre Quillard (1864-1912), poète symboliste, auteur dramatique, traducteur helléniste et journaliste, anarchiste et dreyfusard. Collaborateur régulier du Mercure de France.

[48]        Mercure du 16 février, page 760.

[49]        Dans le sens de remanier. Il n’y aura pas de machine à écrire au Mercure de France du temps d’Alfred Vallette. C’est Georges Duhamel qui introduira la première machine à écrire et la première dactylographe en octobre 1935.

[50]        L’article sur Catulle Mendès, douze pages, qui paraîtra en ouverture du Mercure du 1er mars.

[51]        Jean Daragon (en un seul mot) (1870-1923), comédien, amant puis mari (en 1908) de Marguerite Moreno. Voici ce qu’en dira Colette dans son essai Le Fanal bleu paru chez Ferenczi en 1949 : « Après Marcel Schwob qui l’aima sans mesure, elle épousa, pour quelques années, l’acteur Jean Daragon, à qui une barbe postiche conférait l’élégance virile du Maître de forges, ou l’hirsute poésie du Chemineau [Jean Richepin]. Un mauvais état de santé écarta Daragon de l’ancienne guerre, et jamais protection féminine ne se fit aussi légère que celle de Moreno, vigilante au-dessus d’un homme fragile camouflé en mâle robuste. Elle se moquait de lui avec assez de virtuosité pour que, sous la raillerie, il ne discernât ni l’inquiétude ni la pitié. »

[52]        Max (1880-1957) et Alex (1881-1937) Fischer, écrivains humoristes d’origine suisse, lecteurs chez Flammarion depuis 1904.

[53]        Catulle Mendès, on le sait, avait pris le train de minuit treize. Il y a eu un train suivant, le dernier de la nuit, qui partait à 00:42.

[54]        Textes sur demande.