Poètes, par Thérive

Les Poètes d’aujourd’hui, par André Thérive[1]

Ad. van Bever et Paul Léautaud : Poètes d’aujourd’hui, morceaux choisis accompagnés de notices biographiques et d’un essai de bibliographie, 3 vol. (Mercure de France). — Œuvres de Cécile Sauvage, préface de Jean Tenant (Mercure de France). Maurice Chevrier : Propos (les Terrasses de Lourmarin, no XV). — À propos de poésie pure.

On sait que les poètes modernes ont tout intérêt à composer eux-mêmes leur anthologie, c’est-à-dire à ne laisser qu’un volume. C’est ce qu’ont fait du moins, ou à peu près ; Baudelaire, Moréas, Toulet, Paul Valéry. Mais ces privilégiés mis à part, les anthologies composées par les libraires sont le vrai conservatoire de la poésie. J’en juge par mon expérience. Quand j’étais adolescent, ce sont les anthologies de Delagrave et du Mercure de France qui m’ont appris ce qu’était devenu le lyrisme après le Parnasse. Le premier de ces recueils était signé de G. Walch[2] et portait (cela ne rajeunit personne) une préface de Sully Prudhomme. Il a subi des remaniements et se publie toujours, je crois, sous la même firme. Le second avait pour auteurs responsables Adolphe Van Bever et Paul Léautaud. Il a paru pour la première fois il y a un quart de siècle. Le voici revenu au jour, remanié, accru ; il comporte trois volumes, et non plus deux. C’est un gros événement dans l’histoire de la poésie, ou de la librairie.

Les poètes ne se lisent guère qu’entre eux. Ils forment un petit monde étroitement gardé, où règnent la jalousie et la conscience professionnelle, sa fille. Ils ignorent parfois tout de ce que font les prosateurs. Ils savent qu’ils forment l’aristocratie des lettres, une élite vraiment désintéressée. Ils peuvent, seuls de la corporation, se permettre de vivre en province, que dis-je ? aux champs, ou dans le pays de bohème. Ils boudent la-critique, qui ne les trouve jamais d’actualité parce qu’ils ont l’éternité devant eux. Ils boudent la prose comme une industrie vulgaire et rémunératrice. Mais il n’y a qu’eux, au bout du compte, qui puissent vraiment espérer en la postérité, car la postérité, pour eux, ce ne sera pas les mille abonnés du cabinet de lecture dans cinquante ans, ni, dans un siècle, vingt étudiants pressés d’oublier les auteurs inscrits au programme, — ce sera leurs successeurs mêmes, aussi peu nombreux qu’ils auront été, mais curieux, querelleurs, injustes envers les morts comme ils sont envers les vivants…

Il est donc très important pour les poètes de figurer dans une des anthologies de leur époque. C’est une des premières bouées qui flottent sur l’« océan des âges ». Mais, hélas ! comme dans les naufrages célèbres, on se bat autour de ces chances précaires de salut. Une chapelle constituée, une équipe solide, accapare les radeaux et repousse du pied les isolés. En termes plus prosaïques, les anthologies ont le tort d’être toujours entreprises par une école ou une maison d’édition, ce qui est grave. Celle du Mercure, la plus fameuse, et en somme la plus utile à posséder, n’échappe pas à ce défaut.

Je dirai même volontiers, qu’elle est scandaleusement mal faite. Et je puis bien hasarder ce jugement après avoir confessé qu’elle a sa place dans toutes les bibliothèques et qu’en somme on ne trouve pas mieux : Adolphe Van Bever est mort voilà deux ans. M. Paul Léautaud qui survit est tout le contraire d’un érudit consciencieux : on peut même être assuré qu’il ne lit presque rien, que par hasard. Il est doué en outre d’une verve grossière et scurrile[3] qui a son prix dans la polémique, mais qui en critique ne vaut rien. Et faut-il parler de critique ? on devrait ici parler d’histoire, puisqu’en voici les matériaux.

Dans l’ensemble, l’Anthologie du Mercure (c’est le nom familier que chacun donne aux Poètes d’aujourd’hui) reste le monument du symbolisme. Nombre de morts reposent sous sa lame[4], et quelques vivants aussi. L’abondance même d’auteurs belges (que je serais le dernier à déplorer) est assez caractéristique de cette génération-là. On y voit encore Max Elskamp, Rodenbach, Albert Mockel, René Ghil, Charles Van Lerberghe, etc… Un seul Suisse y a droit de cité ; c’est M. Henry Spiess. D’ailleurs tous les grands noms du symbolisme sont encore au sommaire, et au complet, fussent-ils contemporains d’autres grands noms qui, comme parnassiens ou académiques, ont été rejetés aux ténèbres extérieures. Ainsi on y voit Mallarmé et point Heredia, Jules Laforgue, mais non François Coppée. Vous pensez bien que la chronologie ne faisait rien à l’affaire, ni en 1905 ni en 1930, où l’on continue à appeler « d’aujourd’hui » les gens en qui on a mis sa complaisance.

Ce ridicule est le propre des anthologies en général. Il a été poussé parfois plus loin encore ; par exemple dans l’Anthologie de la nouvelle poésie française qui circule sous la firme Kra[5]. Là le symbolisme était à son tour considéré comme mort on n’ayant pas existé, et, sur soixante noms, les trois quarts étaient fournis par des ci-devant futuristes, des cubistes rancis ou des « dadas » fourbus. On n’y voyait pas Verlaine ni M. de Régnier, mais MM. Tzara[6], Levet, Birot[7], Ribemont-Dessaignes[8], Goll[9], Gérard (?)[10], Gabory[11], etc. Même des écrivains dont la gloire poétique n’est certainement pas la plus sûre y étaient admis à titre de modernes, par exemple Montherlant, Giraudoux, Radiguet et… Marcel Proust[12]. Et tout cela n’aurait au surplus aucune importance si l’étranger, déjà dénué de vraies perspectives sur notre littérature, ne prenait là-dedans des vues absurdes.

L’Anthologie du Mercure ne peut mériter des reproches aussi graves, mais on y remarque des lacunes inadmissibles. La plus effarante est l’absence de M. Paul Claudel. Je ne suppose pas qu’on lui reproche d’écrire en versets ou de faire presque toujours métier de dramaturge. Je suppose  encore moins que ce disciple de Rimbaud fasse peur à l’équipe, symboliste. Mais j’ai lieu de craindre que M. Léautaud ne le déteste comme clérical[13] ; c’est bien dommage pour M. Léautaud ; et c’est fort ennuyeux pour le lecteur. À noter aussi le manque de P.‑J. Toulet qui, outre son mérite propre, se présente devant les balances éternelles avec une foule notable de disciples. Maurice du Plessys est également à la porte, éviction que rend choquante la présence de l’école romane au complet[14]. Et parmi les vivants, on conçoit mal que le nouveau florilège ait oublié des poètes comme François-Paul Alibert, André Mary[15], Adolphe Lacuzon enfin, dont les manifestes « intégralistes » ont fait les choux-gras de l’Anthologie Walch.

Il faut passer à des critiques plus sérieuses encore ; car la modestie d’un propos ne doit pas nous abuser sur l’insuffisance d’un travail. Les auteurs de Poètes d’aujourd’hui annoncent des notices biographiques et « Un essai de bibliographie ». Les biographies sont fort inégales, mais les bibliographies sont purement ridicules. Pas une seule fois n’est cité l’ouvrage de M. Henri Clouard sur la Poésie française moderne[16] qui est une des recensions les plus complètes de ce sujet. Or, il existe à la fin du troisième volume un « index général » des ouvrages intéressant l’histoire contemporaine de la poésie[17]. Cette liste générale est si particulière qu’on n’y trouve pas un sur quatre des manuels nouveaux de littérature. Je ne les aime pas, et même je les déteste, mais je revendique leur droit à figurer dans un répertoire qui doit en principe servir les curieux et les travailleurs.

Dans le détail, même désordre et même désinvolture. Je connais sur M. Gorges Duhamel au moins deux brochures (une de M. Pierre Humbourg[18], une de votre serviteur[19]) que paraît ignorer l’Anthologie, et un volume collectif de trois cents pages, paru au « Capitole[20] », mais également méconnu ! La plupart des bibliographies sont visiblement nourries par les articles de deux ou trois périodiques et souvent antérieurs à la guerre, quand ils ne le sont pas au vingtième siècle ! La seule notice qui soit sinon satisfaisante, au moins copieuse et utile à posséder, est celle qui présente M. Henri de Régnier[21].

Quant aux biographies, on peut s’amuser à les lire entre les lignes. M. Léautaud, comme on sait, a mauvais esprit, et il n’a pas, tout court, de l’esprit ; mais à défaut de satisfactions historiques, sa méchanceté donne toujours quelques joies confraternelles. On peut remarquer qu’il signale le grade dans la Légion d’honneur de tous tes gens qu’il n’aime pas trop ou à qui il reproche secrètement d’être des « messieurs arrivés ». Les autres, il cache pudiquement leur infamie rouge. Il commet d’ailleurs des erreurs menues à ce propos ; sans doute ne se tient-il pas assez au courant des grandeurs de ce monde. Il prétend que M. Philéas Lebesgue a traduit des poèmes du grec, du portugais et du yougoslave[22]. Je serais curieux de connaître cet idiome. (Il est vrai que j’ai lu récemment que feu Gaby Deslys[23] aurait écrit des lettres en « tchécoslovaque ».) On peut se demander pourquoi ledit M. Léautaud a gardé dans son anthologie M. Fernand Gregh dont la notice, d’une page, signifie à peu près : il fut célèbre par erreur et n’a pas beaucoup de talent[24]. Le procédé, encore que sournois, demeure grossier. Mais ce qui choque plus que tout, c’est le ton de polémique que le préfacier (sûrement pas Van Bever[25]) a adopté pour traiter de choses et de faits qui n’ont rien à voir avec la poésie ni la littérature. M. Léautaud a la tournure d’esprit d’un anarchiste pour Café du Commerce. Rien de plus bourgeois ni de plus démodé. Cette humeur lui dicte des réflexions sur la guerre, ou sur la religion, qui, en soi, ne sont que sottes et vulgaires, et qui semblent tout à fait déplacées dans ces volumes qui devraient être les templa serena[26] du goût et de l’information. Un souci étrange lui fait conter tout au long la carrière guerrière de M. Henri Barbusse[27] ou de M. Louis. Mandin[28] ; ce serait fort bien si tout le reste était à l’échelle. Mais que dire de celte naïveté charmante ou de cette publicité inattendue : « En 1916, M. Jean C…[29], mobilisé, partit comme infirmier au front du Nord dans les troupes de-zouaves et de fusiliers marins. » Militairement, cela ne veut rien dire[30] et je livre ce coq-à-l’âne à M. Cru ; à moins que ce ne soif un mot dans le genre de celui que s’attira Jules Sandeau, qui trompait George Sand avec une blanchisseuse : « Heureusement c’était la blanchisseuse de fin ![31] »

Il y a lieu enfin de croire que sur certains sujets, M. Léautaud n’a rien appris ou voulu apprendre depuis un quart de siècle, car des poètes comme M. Raymond de la Tailhède n’ont pas un mot de changé, ni d’ajouté à leur notice depuis la précédente édition, quoiqu’ils aient publié quelques volumes. M. Léo Larguier a gagné juste quelques lignes, et M. A.‑Ferdinand Hérold la mention d’un portrait nouveau dans son iconographie ! Auquel cas, si l’information est exacte, que de « poètes d’aujourd’hui » devraient être remis au rang des « poètes d’hier » !… Heureusement, sur certains points essentiels, l’honneur est sauf. Louis Le Cardonnel est à peu près à jour, sauf en ce qui concerne les études dont il a fait l’objet. Paul Valéry a naturellement vu quadrupler sa place, mais, à côté d’un très beau fragment du Second Narcisse que présente l’Anthologie, subsistent quantité d’anciens poèmes que le lecteur ordinaire sera enchanté d’avoir ainsi sous la main[32]. Verhaeren a aussi étendu son domaine ; quelle chance ! M. Léautaud ne lui en veut pas d’être inscrit aux programmes d’agrégation ! Il lui a pourtant supprimé une pièce sur les Pauvres qui formait peut-être un de ses poèmes les plus nets[33].

Les nouveaux venus dont l’accession au Parnasse mercurien est désormais sanctionnée sont, en ordre alphabétique : Guillaume Apollinaire, André Castagnou, Jean Cocteau, Guy-Charles Cros, Tristan Derème, Charles Derennes, Léon Deubel (sans doute parce qu’il eut une mort tragique[34]), Alfred Drouin, Georges Duhamel, Édouard Dujardin, Fagus, Tristan Klingsor, Philéas Lebesgue, Louis Mandin, François Porché, Jules Romains, André Salmon, André Spire et Touriy-Lérys. On voit que l’unanimisme[35] a une belle place, que le « fantaisisme[36] » est représenté et qu’on a repêché quelques attardés du symbolisme[37]. La poésie ultramoderne n’a pas la part du lion. On n’a pas mis de M. Cocteau les amusantes gageures du Cap de Bonne-Espérance[38] et ses poèmes sans fil. D’ailleurs, Apollinaire, dans ce recueil, fait presque figure d’un écrivain sage, et de M. André Salmon (ceci est un comble !) ne sont reproduits que des vers réguliers, les plus anciens, je pense.

J’ai omis à dessein dans la nomenclature ci-dessus le nom de Cécile Sauvage, qui figure à son ordre alphabétique, et qui est un des auteurs du Mercure. Cette poétesse, qu’on nous donne pour disciple de Mme de Noailles et de Francis Jammes, me paraît surtout très voisine de Joséphin Soulary[39]. Elle a écrit quelques poèmes touchants sur la maternité, mais sa langue est confuse, verbeuse et hésitante à la fois ; ses vers, encombrés d’images mièvres et précieuses, de papillons, de fleurettes, d’oiseaux, ne forment, malgré, un tempérament lyrique où il faut rendre hommage, qu’un carnet de notes poétique. Je n’ose citer, sans quoi vous m’accuseriez de choisir le pire[40].

André Thérive

[1]     Article d’André Thérive paru dans Le Temps du 21 février 1930, page trois. Ce texte est inséré dans notre édition du Journal littéraire où chaque nom propre (personnage, œuvre ou lieu) est accompagné d’une note à sa première occurrence. Les noms propres ici sans note ont donc eu la leur auparavant.

[2]     Gérard Walch (1865-1931), écrivain et journaliste néerlandais d’expression française. Son Anthologie des poètes français contemporains (vers 1900) comme les Poètes d’aujourd’hui et d’autres ouvrages comparables (Georges Pellissier 1898), sera plus tard remaniée en trois volumes et paraîtra jusqu’en 1939.

[3]     L’intérêt de la lecture d’André Thérive, par ailleurs auteur de la rubrique « Querelles du langage » dans Les Nouvelles littéraires, est d’apprendre toujours quelque chose. Scurrile, en parlant d’une plaisanterie : Qui est de mauvais goût, bas, trivial. Ici, en littérature : Grotesque, digne d’un bouffon (TLFi).

[4]     La lame, ici (nous sommes chez Thérive), se rapporte au symbolisme. Le mot évoque un mouvement violent et rapide (fût-il éteint).

[5]     Sous la direction de Philippe Soupault.

[6]     Tristan Tzara (Samuel Rosenstock, 1896-1963), écrivain et poète roumain de langue française et le membre le plus connu du mouvement Dada.

[7]     Pierre Albert-Birot (Pierre Birot, 1876-1967), poète, sculpteur, peintre et homme de théâtre. Fondateur de Sic (Sons Idées Couleurs, Formes), revue d’avant-garde parue de 1916 à 1919). Pierre Albert-Birot, un peu comme Max Elskamp (note au 3 février 1930) et quelques autres, imprime et diffuse lui-même ses premières œuvres littéraires. Pierre Albert-Birot a rencontré Guillaume Apollinaire en 1916 et mettra en scène la création des Mamelles de Tirésias en juin 1917.

[8]     Georges Ribemont-Dessaignes (1884-1974), écrivain, poète, dramaturge et peintre.

[9]     Yvan Goll (Isaac Lang, 1891-1950), poète, écrivain et traducteur.

[10]    André Thérive l’a oublié et ne semble plus avoir l’ouvrage sous la main. Il s’agit de Francis Gérard (Gérard Rosenthal (1903-1992), cousin de Max Jacob, avocat, directeur de L’Œuf dur, revue mensuelle parue de mars 1921 à l’été 1924.

[11]    Vraisemblablement Georges Gabory (1899-1978), poète et romancier. On ne confondra pas Georges Gabory avec Émile Gabory (1872-1954), historien, poète et archiviste vendéen.

[12]    Pour trois poèmes extraits des Plaisirs et les jours.

[13]    Le 21 février PL réagira en disant qu’un vrai prêtre, Louis Le Cardonnel, et présent parmi les poètes, puis : « Il est drôle de voir Thérive déplorer si fort l’absence de Claudel qu’il a complètement éreinté et avec une mauvaise foi énorme, dans un feuilleton tout récent. » (Dans Le Temps du 24 janvier 1930, page trois, à propos de la publication chez Gallimard, du Soulier de satin en deux volumes.)

[14]    Les principaux poètes de cette École romane, derrière son initiateur Jean Moréas, le plus ancien (1856-1910), sont, par ordre alphabétique Charles Maurras, Maurice du Plessys, Ernest Raynaud, Raymond de La Tailhède. Si l’on se tient à cette liste, on peut observer que Charles Maurras est également absent des Poètes d’aujourd’hui. Voir Verlaine, « La Ballade de l’École romane » dans Invectives, Léon Vanier 1896.

[15]    Deux poètes dont l’absence a été regrettée par André Billy. Alibert a été cité dans l’article de de Billy dans L’Œuvre du 11 février, et Mary à l’occasion de la visite d’André Billy à Léautaud du trois février, où il avait également regretté l’absence de Claudel, de Péguy, de Carco et de Toulet.

[16]    Henri Clouard, La Poésie française moderne : des romantiques à nos jours, édité par Gauthier-Villars et Cie., 1924 (402 pages). Henri Clouard a parfois écrit dans le Mercure.

[17]    Cet « Index général des ouvrages » ne fait que cinq pages, divisées entre « Les livres » et « Les périodiques »

[18]    Pierre Humbourg, Georges Duhamel, son œuvre, Édition de la nouvelle revue critique, 1930, 63 pages, publication évidemment trop tardive pour être signalée.

[19]    André Thérive, Georges Duhamel ou l’intelligence du cœur, Rasmussen, 1925.

[20]    Georges Duhamel, Éditions de la revue du Capitole, sans nom d’auteur. Planches hors textes. Textes de A. Antoine, A. Thérive, R. Argos, G. Duhamel, J. Prévost, A. Ouy, C. Avelin, Jean Fiolle, P. Gilson, Marie-Jeanne Dury, Christian Rimestad, H. Jourdan, R. de Laforest, 315 pages.

[21]    Rédigée par PL.

[22]    Notice rédigée par Yves Gandon. La langue parlée dans l’ancienne Yougoslavie était, et est encore le serbo-croate.

[23]    Gaby Deslys (Marie Caire, 1881-1920), artiste de music-hall de grande réputation qui fut maîtresse du roi du Portugal Manuel II.

[24]    PL dans cette notice, quasiment identique à celle de la première édition, décrit sur plus d’une page l’anecdote sur la confusion malheureuse de Gaston Deschamps, attribuant à Verlaine un poème de Fernand Gregh.

[25]    Si ! Rien dans ces trois volumes n’est signé, que ce soient l’introduction ou les biographies ou bibliographies alors que nous savons que quatre auteurs se sont partagés le travail, assez inégalement il est vrai. André Thérive ne peut pas le savoir. Il s’agit des deux auteurs annoncés plus Madame van Bever pour certaines bibliographies ainsi que le jeune Yves Gandon pour quelques notices (au moins sept avec certitude). L’introduction est évidemment de van Bever, il n’y a qu’à la lire. Il est vrai que, comme souvent dans les introductions, l’auteur ne polémique pas mais semble justifier ses choix et ses décisions, allant au-devant des critiques qu’il imagine vraisemblables. Comme toujours, c’en seront d’autres qui surgiront.

[26]    Lucrèce, De natura rerum : « Rien n’est plus doux que d’occuper les temples sereins bien fortifiés par l’enseignement des philosophes. »

[27]    Dans le cas d’Henri Barbusse, prix Goncourt 1916 pour Le Feu, cela semble justifié. PL avance même, dans cette notice que « Ce n’est pas assez dire, pour M. Henri Barbusse, que la guerre a changé sa destinée littéraire et la matière de son œuvre. Elle a aussi influencé sa personne morale. »

[28]    Tous deux sont plutôt loués pour leur engagement militaire, ce qui, sous la plume de PL est très exceptionnel.

[29]    Cocteau.

[30]    Le 21 février, PL écrira dans son Journal à propos de cette phrase : « La phrase de la notice de Cocteau est une phrase de Cocteau lui-même ».

[31]    Blanchisseuse spécialisée dans le linge fin. Cette anecdote n’est pas certaine.

[32]    Le choix des poèmes de Valéry a été fait par Valéry lui-même.

[33]    L’auteur de la notice d’Émile Verhaerhen est incertain et a vraisemblablement procédé au choix des poèmes. La biographie de Verhaerhen commence par cet avertissement : « Nous extrayons d’une biographie écrite par M. Léon Bazalgette les fragments suivants ».

[34]    Léon Deubel (note au 22 avril 1906) s’est suicidé à l’âge de 34 ans en se jetant dans la Marne après avoir brûlé tous ses manuscrits. PL a assisté à ses obsèques le 21 juin 1913. Pour Thérive, c’est moins sûr.

[35]    Duhamel, Romains.

[36]    Carco, Derème, Klingsor, Toulet.

[37]    Apollinaire, Elskamp, Gourmont, Laforgue, Maeterlinck, Mallamé, Mikhaël, Mockel, Moréas, Régnier, Retté, Rimbaud, Rodenbach, Saint-Pol-Roux, Samain, Valéry, van Lerberghe, Verhaeren, Verlaine, Vielé-Griffin. Baudelaire, le précurseur trop ancien, est absent, comme Jarry.

[38]    Éditions de la Sirène, 1919.

[39]    Joséphin Soulary (1815-1891), poète, bibliothécaire au Palais des arts de Lyon.

[40]    André Thérive aborde ensuite les autres thèmes de sa chronique de la semaine, à commencer par les Œuvres de Cécile Sauvage, qui viennent de paraître au Mercure. Cécile Sauvage est disparue en août 1927.