Chronologie 1940-1958

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1940

1er janv.       Parution d’extraits du « Journal littéraire » dans le Mercure (années 1893 à 1898) ;
18 janv.         À l’occasion de son anniversaire, PL reçoit de Marie Dormoy « une longue lettre, à en juger par l’épaisseur » de l’enveloppe qu’il retourne à l’expéditrice sans l’ouvrir ;
28 janv.         Déjeuner chez Jean Galtier-Boissière ;
1er févr.        Parution d’extraits du « Journal littéraire » dans le Mercure (années 1899 et 1900) ;
08 févr.        « J’ai mis ce soir au feu mon testament de 1937, concernant Marie Dormoy » ;
15 févr.        Mort de J.-H. Rosny aîné ;
21 févr.        Visite d’André Castagnou ;
Mars  Déjeuner chez Benjamin Crémieux (voir le JL au 30 octobre) ;
1er févr.        Parution d’extraits du « Journal littéraire » dans le Mercure (années 1901 et 1902) ;
1er mars       Parution d’extraits du « Journal littéraire » dans le Mercure (années 1901 et 1902) ;
24 Mars       PL revoit Georgette , qui vient parfois dormir à Fontenay ;
1er avril        Les extraits du « JL » parus dans le Mercure (janvier-février 1903), sont très axés sur Georgette ;
16 avril        Refus à Grasset de publier Le Petit ouvrage et refus de publier un cahier du Journal ;
1er mai         Parution d’extraits du « Journal littéraire » dans le Mercure (février-août 1903) ;
09 mai         Déjeuner chez Benjamin Crémieux, en compagnie de Julien Cain et Madame, Martin Maurice et Paul Valéry ;
1er juin        Parution d’extraits du « Journal littéraire » dans le Mercure (août-novembre 1903) ;
02 juin         Visite de la rue des Martyrs avec Marie Dormoy ;
11 juin         Fermeture du Mercure jusqu’au 24 ;
13 juin         Départ de Marie Dormoy pour le château de Poligny, à Forcé, Mayenne, avec le JL ;
18 juin         Mort de Lugné Poe ;
22 juin     Signature de l’armistice ;
24 juin         « Bernard a remis la rentrée au lundi 15 juillet. » ;
25 juin         « Je relis les Considérations de Sénac de Meilhan » ;
29 juin         Retour de Marie Dormoy. Georgette quitte Fontenay ;
1er juill.       Parution d’extraits du « Journal littéraire » dans le Mercure (novembre 1903-Janvier 1904) ;
09 juil.         Le Mercure reste fermé « jusqu’à la réouverture des librairies de détail. » ;
09 juil.         Jacques Bernard envisage de réalise une édition à prix abordable de Mein Kampf mais n’obtiendra pas l’autorisation des autorités allemandes ;
15 juil.         « Été au Mercure. La rentrée est de nouveau remise, comme me l’avait dit Bernard, au 1er août. » Jacques Bernard « compte faire reparaître le Mercure le 1er septembre. » ;
30 juil.         « Mlle Naudy a reçu son congé. » ;
30 juil.         « Bernard a fait transmettre à Hitler en personne (dit-on) une lettre pour lui demander l’autorisation de publier une traduction de la première partie (biographique) de Mein Kampf. » ;
30 juil.         « Duhamel a écrit à [Jacques] Bernard, qui m’a lu la lettre, pour lui donner sa démission d’administrateur, retiré pour le moment à Valmondois, et voulant se vouer tout entier à ses travaux » ;
21 juil.         « J’ai écrit ce matin à la poste de Sceaux pour faire suspendre mon téléphone. » ;
1er août        Réouverture probable du Mercure (mais non indiqué dans le JL) ;
13 août        Lecture de L’Itinéraire portugais d’Albert t’Serstevens (Grasset 1940) ;
16 août        Lecture du Journal de François Mauriac ;
25 août        Lettre de Marie Dormoy (non reproduite) : « Vous seriez venu chez moi, je n’aurais pas ouvert. » ;
05 sept.       Visite de Jean Galtier-Boissière ;
18 sept.       Visite de Lucien Descaves ;
25 sept.       Visite d’Henri Bachelin ;
28 sept.       La « Liste Otto » interdit plus de huit-cent publications en zone occupée ;
04 oct.         Visite de René Fauchois, Visite de Louis Cario ;
18 oct.         Conversation avec Henriette Psichari ;
18 oct.         Mort de Saint-Pol-Roux ;
16 oct.         « Visite de Paulhan, rentré de France libre. Gallimard y est resté. Il ne veut pas revenir. Il se refuse à venir publier des livres sous le contrôle des Allemands » ;
21 oct.         « J’ai écrit tantôt pour faire rétablir mon téléphone. » ;
23 oct.         Mort d’André-Ferdinand Hérold ;
24 oct.         Pétain rencontre Hitler à Montoire ;
30 oct.         Discours de Pétain suite à Montoire : « C’est dans l’honneur […] que j’entre, aujourd’hui, dans la voie de la collaboration ;
30 oct.        Drieu La Rochelle téléphone à PL pour lui proposer de reprendre la critique dramatique à La NRF qui va reparaître le premier décembre ;
06 nov.        Rencontre de Jean Paulhan rue de Condé. Conversation sur La NRF de Drieu La Rochelle et la possibilité pour PL d’y continuer la publication de son Journal suite à l’arrêt du Mercure ;
16 nov.        Lecture de Clémence Dane : La vague qui passe ;
21 nov.        Visite de Jean Grenier ;
22 nov.        Première rencontre de Drieu La Rochelle venu le voir dans son bureau du Mercure ;
23 nov.        Georges Duhamel rencontre les autorités allemandes pour la publication de Lieu d’asile, qui lui sera refusée ;
24 nov.        PL et Marie Dormoy vont au théâtre de Paris voir Le Ciel et l’enfer, un acte de Prosper Mérimée ;
28 nov.        Visite d’Alphonse Séché ;
1er déc.        Reparution de La NRF sous la direction de DLR, annonçant en dernière page la collaboration de PL dans le prochain numéro ;
03 déc.        Les Allemands sont venus au Mercure faire emporter par un marchand de vieux papiers tous les exemplaires de Lieu d’Asile ;
06 déc.        PL se rend de nouveau à la NRF pour rencontrer DLR ;
17 déc.        Visite de Louis Gonzague Frick ;
19 déc.        Visite de Jean Galtier-Boissière, de Louis Cario et de Guy-Charles Cros.

1941

1er janv.       Chronique dramatique de La NRF : « La Femme silencieuse, de Ben Jonson ; Le Ciel et l’enfer, de Prosper Mérimée ; Le Pêcheur d’ombres, de Jean Sarment » ;
13 janv.       Visite de René Maran ;
28 janv.       Déjeuner chez Jean Galtier-Boissière, trois place de la Sorbonne ;
Février         Chronique dramatique non publiée par La NRF : « L’École des femmes, de Molière, avec Louis Jouvet dans le rôle d’Arnolphe ». Il s’agit de la dernière chronique dramatique écrite par PL ;
17 Févr.       Visite de Lucien Combelle ;
18 févr.        Visite d’Henri Bachelin ;
20 févr.        Visite d’Henry Charpentier. André Castagnou est de nouveau enfermé dans un établissement de santé ;
25 févr.        PL écrit à Anne Cayssac que c’est sa « volonté formelle » en cas d’accident ou de décès qu’elle seule puisse pénétrer dans sa maison. Il en fait également sa « seule et unique héritière. » Pl reprend la clé qu’il avait donnée à Marie Dormoy. Il détruit son testament. Il « demande à Madame Bataiellie, qui a la clé de [sa] maison, en cas de nécessité, de prévenir uniquement, par dépêche, Mme Cayssac, et de ne laisser entrer absolument personne chez [lui] » ;
03 mars       Visite de Louise Faure-Favier ;
05 mars       Maurice Garçon vient au Mercure remettre le bon à tirer de son livre à paraître : Essai sur l’éloquence judiciaire ;
13 mars       Visite de Jean Paulhan ;
10 avril        Visite d’Alice Kampmann, visite du libraire Bérès ;
24 avril        Visite de d’André Castagnou, sorti de la maison de santé de Neuilly-sur-Marne. André Castagnou apprend à PL qu’il vient de toucher 600 francs pour une lecture de quelques-uns de ses vers sur Radio-Paris ;
05 mai         « Ce soir, de 5 à 8, chez Galtier-Boissière, avec un petit cercle d’amis, pour la lecture, par lui, d’un vaudeville-bouffe : Les Corbillons, extrêmement réussi, des effets d’un comique grotesque d’une portée assurée. » ;
07 mai         Visite d’André Castagnou. PL envisage de faire faire une lecture de quelques-uns de ses textes à Radio-Paris et confie à cette fin un exemplaire de Passe-Temps à André Castagnou ;
12 mai         L’Oran républicain annonce la mort de Paul Léautaud. Cette annonce sera reprise par plusieurs journaux de la zone libre sans que PL le sache ;
15 mai         (ou 22 mai) parution dans La Gerbe d’une lettre ouverte de PL au ministre du Travail protestant contre la retraite des vieux travailleurs ;
24 mai         Gaëtan Sanvoisin adresse un télégramme à André Billy : « Déplorable erreur. Léautaud bien vivant. Lettre suit. » ;
25 mai         Visite de l’exposition Wagner, organisée par Charles Léger dans son Musée de Meudon ;
26 mai         À huit heures, la mort de PL est annoncée à Radio-Paris ;
27 mai         PL apprend sa mort. René Philippon, président du cercle de la Librairie, envoie une dépêche à l’Agence Havas pour rectification ;
Fin mai        Jean Paulhan, soupçonné d’avoir caché la Ronéo de groupe de Résistance du musée de l’homme est emprisonné quatre jours, puis relâché grâce à l’intervention de Drieu la Rochelle ;
Juin   Anne Cayssac souhaite vendre son « chalet » de Pornic ;
03 juin         Visite de Jean Paulhan et du libraire Robert Chatté ;
06 juin         Visite de Charles Léger ;
24 juin         Visite d’Alphonse Séché ;
25 juin         Conversation avec Paul Valéry, rencontré à la NRF ;
26 juin         Visite de René Maran ;
04 juil.         « Excellent déjeuner chez Galtier-Boissière ». À ce déjeuner ; Jean Galtier-Boissière prévoit la défaite allemande en Russie et, suite à cet affaiblissement, un débarquement anglais victorieux en Bretagne et l’épuration ;
11 juill.        « Déjeuner chez René Maran. Je me suis bien ennuyé. » ;
24 juill.        Visite de Fernand Caussy, de Jean Jacoby, de Gabriel Brunet ;
28 juill.        Lettres de Gaston Gallimard proposant une édition du Petit Ami et du Journal ;
1er août        La NRF annonce la prochaine publication du second volume des chroniques dramatiques (ce qui ne se fera pas) ;
05 août        Un texte de PL est lu sur l’antenne de Radio-Paris sans qu’il en sache rien ;
11 août        Parution, dans Je suis partout du 11 août 1941 d’un article de Jean Saltas sur PL : « Le médecin de l’Ami des bêtes » ;
04 sept.       « J’ai terminé ce soir mon chapitre II, P. A. » (Petit Ami) ;
07 sept.       Par crainte de réquisition des métaux, Marie Dormoy place quelques œuvres d’art (vases, statuettes) à l’abri chez PL à Fontenay ;
15 sept        Projet de Jacques Bernard de faire reparaître le Mercure avec la codirection du lieutenant Heller, des services de presse allemands ;
16 sept.       Visite de Roger Karl ;
19 sept.       Visite de Léon Deffoux ;
21 sept.       Mort d’Henri Bachelin ;
24 sept.       Visite de Charles Léger ;
25 sept        Le toit du Mercure fuit. Des livres sont abîmés. PL fait une réflexion. Jacques Bernard entre en fureur et traite PL de « gaulliste » ;
26 sept.       Jacques Bernard revoie Paul Léautaud du Mercure avec effet au 30 septembre. Suite à cela, nombreux articles de journaux et correspondances amicales ;
Octobre       Parution du premier numéro de Combat, journal de la Résistance ;
Octobre       PL subit des séances de diathermie pour un mal au bras ;
06 oct.         Maurice Garçon note dans son Journal les conditions du départ de PL ;
08 oct.         Lettres à André Rouveyre : « [Jacques Bernard] a pris en véritable haine tout ce qui peut encore représenter le Mercure de Vallette. J’en étais le rappel le plus présent sous ses yeux. Il ne devait pas se tenir d’impatience de me mettre dehors ;
13 oct.         Déjeuner chez Jean Galtier-Boissière (non noté dans le JL) ;
20 oct.         Drieu la Rochelle ; directeur de La NRF, se rend en Allemagne jusqu’au 03 novembre sur invitation de Joseph Goebbels, en compagnie d’Abel Bonard, Robert Brasillach, Jacques Chardonne, Ramon Fernandez, André Fraigneau et Marcel Jouhandeau ;
20 oct.         Sans nouvelle d’Anne Gayssac, « J’ai refait, hier soir, mon testament » (projet) ;
22 oct.         Douleurs au bras, de plus en plus vives ;
25 oct.         Parution d’un « Mots, propos et anecdotes » en une de Comœdia ;
25 oct.         Visite à Fontenay, avec Marie Dormoy et Charles Léger de l’ancienne maison de Jean-Baptiste Suard (1732-1817) ;
1er nov.        Parution d’un « Mots, propos et anecdotes » dans Comœdia, page trois ;
1er nov.        Lettre de Maurice Léautaud inquiet de savoir son frère licencié du Mercure ;
1er nov.        Marie Dormoy s’inquiète de sa place à la bibliothèque Doucet à cause, semble-t-il d’une irrégularité qui aurait été commise ;
12 nov.        PL se préoccupe d’obtenir une concession dans le cimetière de Châtenay-Malabry ;
13 nov.        Marie Dormoy et PL rédigent ensemble leur testament, chacun en faveur de l’autre ;
15 nov.        Parution d’un troisième « Mots, propos et anecdotes » dans Comœdia, page deux ;
15 nov.        « Je vais déjeuner à Courbevoie chez mon frère Maurice que je n’ai pas vu depuis quinze ans au moins. » ;
18 nov.        Projet de faire paraître dans Comœdia la chronique sur L’École des femmes qui devait paraître dans La NRF de février 1941 ;
20 nov.        Accord de René Delange (Comœdia) pour la publication de la chronique sur L’École des femmes. Marie Dormoy toujours inquiète pour son emploi à la bibliothèque Doucet ;
20 nov.        Proposition de Marcel Lubineau, éditeur d’ouvrages de luxe, d’une édition du Petit Ami. PL lui propose plutôt un petit volume de ses « notes » de Comœdia, une fantaisie ;
20 nov.        Réception du veston de velours envoyé par André Rouveyre ;
20 nov.        (vers cette date), PL remet à Marie Dormoy pour la bibliothèque Doucet les cartes et lettres qu’il a reçu d’André Rouveyre depuis le début de la guerre ;
22 nov.        Parution d’un quatrième « Mots, propos et anecdotes » dans Comœdia, page deux ;
25 nov.        Arrestation de Louis Mandin pour résistance ;
25 nov.        Avec ses articles de Comœdia, PL commence à gagner de l’argent et a d’autres promesses. Il se nourrit mieux et « reprends meilleur visage » ;
27 nov.        Entretien avec Drieu la Rochelle qui avait promis à PL que les fragments de son Journal paraîtraient dans La NRF de décembre. Ils paraîtront en février ;
03 déc.        Proposition du libraire Henri Lefebvre, faubourg Saint-Honoré, de faire une édition illustrée du Petit Ami, tirage à 3 000 exemplaires pour 30 000 francs de droits ;
03 déc.        « Tantôt visite de Louis Gérin. Je lui ai donné, pour le petit volume qu’il devra publier de moi, dans sa maison d’édition de Bruxelles, volume à petit tirage : le morceau Georgette (de mon Journal), paru dans le Mercure l’année dernière, les Petites Notes sur Vallette à propos de sa mort, et l’article sur Fagus dans La NRF à propos de sa mort. » ;
05 déc.        Visite de Roger Karl au Mercure, qui apporte à PL sa Vie d’un homme inutile (sous son nom de plume de Michel Balfort), qui lui est dédiée ;
09 déc.        Mort de Georges Le Cardonnel ;
20 déc.        Élection de Pierre Champion à l’académie Goncourt au couvert de J.-H. Rosny aîné ;
27 déc.        « Été tantôt à la Mairie de Châtenay pour l’achat de ma concession dans le vieux cimetière. ».

1942

        Georges Duhamel est élu secrétaire perpétuel de l’académie française « à titre provisoire », les élections étant suspendues ;
09 janv.     Longue conversation avec Roger Karl « dans mon ex-bureau du Mercure » ;
18 janv.     Jean Loize et Madame passent à Fontenay prendre quelques objets pour l’exposition qui aura lieu le 24 janvier ;
24 janv.     Vernissage de l’exposition Léautaud chez Jean Loize ;
31 janv.     Amicale conversation, chez Jean Loize, entre Marie Dormoy et Colette ;
31 janv.     Marie Dormoy est lavée de tout soupçons à la bibliothèque ;
10 févr.     Longue conversation avec Jean et Madame Loize à propos de l’édition du Petit Ami et du Journal ;
11 févr.     Déjeuner avec Jean et Madame Loize ;
15 févr.     Parution en volume sous le titre Notes retrouvées des cinq articles de Comœdia chez Jacques Haumont ;
21 févr.     Marie Dormoy bat froid Jean Loize, qui s’interroge, alors qu’il a acheté le papier pour l’édition de luxe du Petit Ami (une histoire de trous de punaises dans un carton) ;
02 mars    Parution, chez Louis Gérin de Georgette ;
07 mars    Visite de Maurice Léautaud à Fontenay ;
18 mars    Parution dans Le Figaro d’un article d’André Billy « Idées et boutades de Paul Léautaud » à propos des Notes retrouvées ;
20 mars    « Avis du Cercle de la Librairie : restriction du papier à l’édition des livres utiles. On pourra aller loin avec ce mot : utile. Limitation aux livres pédagogiques et aux traités d’instruction morale et civique. » :
Fin mars   Lettre de la direction des Beaux-Arts de la Préfecture de la Seine demandant un texte sur les chats de Paris à paraître dans un almanach ;
03 avril     Rencontre fortuite, rue de Sèvres, de Thadée Natanson. PL a un mot malheureux : « Je trouve tout cela [la guerre] très drôle. » ;
07 avril     Déjeuner chez Jean Loize, rue de Sèvres, en famille ;
Mi-avril     Mauvaises nouvelles de Camille, l’épouse de Maurice Léautaud ;
17 avril     À la NRF, suite à de nombreux désabonnements, le retour de Jean Paulhan est envisagé et aussi ceux de Paul Valéry, Paul Claudel, peut-être André Gide ;
21 avril     Longue lettre de PL à André Billy à propos de son article du 18 mars ;
28 avril     André Rouveyre envoie à PL un mandat de 10 000 francs en toute camaraderie ;
Mai           PL lit régulièrement Je suis partout (hebdomadaire) et Les Nouveaux temps (quotidien), collaborationnistes virulents ;
Mai           À partir de mai André Rouveyre va faire parvenir de temps à autre un mandat à Paul Léautaud, montants entre 5 000 et 10 000 francs à titre amical. Un salaire moyen de cette époque est estimé à un peu moins de 1 200 francs ;
14 mai      Opinion sur André Gide ;
28 mai      Déjeuner avec Jean Saltas, veuf récent, et sa nouvelle amie ;
29 mai      PL reçoit, sans en avoir été averti, un jeu d’épreuves du second volume du Théâtre de Maurice Boissard ;
31 mai      Visite de l’exposition Armande Béjart au musée de Meudon ;
31 mai      Première mention, par Marie Dormoy, de Robert Mallet, que PL ne connaît pas, bien que RM prétende, dans son Journal, l’avoir rencontré et avoir eu une longue conversation avec lui en janvier 1941 ;
02 juin      Radio-Paris propose à PL de « participer à une série d’émissions sous le titre général de “Souvenirs”, dans lesquelles des écrivains connus rappelleront tel épisode de leur carrière. » ;
06 juin      PL « malheureusement ignorant de tout ce qui concerne la radio » décline la proposition de Radio-Paris mais ne s’oppose pas à ce qu’un de ses textes soit lu ;
07 juin      Port obligatoire de l’étoile jaune ;
09 juin      PL décline la proposition d’une chronique sur les chats de Paris ;
Début juin, exposition à la bibliothèque Doucet où toute une vitrine est consacrée à PL, qui ne s’y rend pas ;
20 juin      Visite, chez Jean Loise, d’une exposition consacrée à Louis Pergaud ;
25 juin      Rencontre de René-Louis Doyon et longue conversation sur Jehan Rictus ;
26 juin      PL, entraîné par Marie Dormoy, se rend enfin à l’exposition de la bibliothèque Doucet ;
26 juin      Parution, dans Je suis partout, d’un article d’Henri Poulain « Bicornes et lauriers verts ». Cet article, assez commun dans ce genre de publication, entraîne quelques réflexions chez PL et notamment une longue appréciation des mérites de Jean Paulhan ;
29 juin      Mort de Pierre Champion ;
30 juin.     (ou 1er juillet), Mort de Léon Daudet ;
1er juil.  PL fait citer Jacques Bernard aux Prud’hommes pour des rappels de majorations d’appointements prescrites entre les années 1937-1939, jamais appliquées au Mercure ;
03 juil.      Conversation avec Gaston Gallimard, à la NRF et ensuite, chez Jean Loize, conversation avec un soldat allemand amateur de Renan ;
08 juil.      Rencontre fortuite avec Maurice Garçon. PL lui parle de cette affaire de Prud’hommes et longue conversation chez Maurice Garçon ;
10 juil.      Jugement des Prud’hommes reporté pour incompétence du tribunal. Jacques Bernard un peu radouci ;
11 juil.      PL va attendre Maurice Garçon au palais de justice. Nouvelle conversation ;
15 juil.      Visite à Paul Morisse, chez lui, avenue de Breteuil ;
22 juil.      Pénurie de papier dans les papeteries ;
27 juil.      Jacques Bernard perd devant les Prud’hommes, puis paye entièrement la somme due. Longue conversation courtoise avec Jacques Bernard dans son bureau ;
11 août     « Eh bien ! c’est fait ! J’ai l’électricité. » ;
12 août     « Tantôt, visite de Maurice Martin du Gard » ;
Mi-août     « Je n’ai plus que mon chat Grison, mes deux chiennes Miss et Barbette, et la guenon Guenette. » ;
24 août     « mécontentement de dépenses maladroites. Cette électricité, par exemple. Qu’avais-je besoin de cela ? » ;
04 sept.     Rencontre fortuite de Pierre Benoit, rue de l’Odéon ;
10 sept.     Soupçons sur une possible brève rencontre entre Marie Dormoy et André Rouveyre ;
24 sept.     Affaire du poème de Guillaume Apollinaire offert à André Rouveyre et « trouvé par terre » dans sa maison de Barbizon par Marie Dormoy en son absence ;
26 sept.     Projet d’un numéro spécial Paul Léautaud dans la revue collaborationniste de Lucien Combelle Révolution nationale ;
06 oct.       Rencontre fortuite de Maurice Garçon, boulevard Saint-Germain ;
13 oct.       « Il faut que je change le genre de ce Journal, — il est bien temps. Tout est toujours trop long. Ce sera assommant à lire. Je suis trop porté aux détails. Les faits suffiraient. » ;
22 oct.       Lettre, assez longue, à Fritz Vanderpyl à propos de sa brochure L’Art sans patrie, un mensonge — Le Pinceau d’Israël, Mercure 1942 ;
27 oct.       Lettre à Paul Chabaneix en réponse à une enquête sur la création littéraire ;
02 nov.      Déjeuner chez Marie Laurencin ;
08 nov.      Débarquement allié au Maroc et en Algérie. « Moi-même, si les Anglais l’emportent, je resterai pro-allemand ». L’idée se répand dans la population (et chez PL) que Pétain joue un double jeu et a une entente secrète avec les Américains ;
09 nov.      Réception, par l’intermédiaire d’Albertine du pamphlet antisémite et collaborationniste Les Décombres de Lucien Rebatet avec une dédicace ;
10 nov.      Suite au débarquement en Afrique du Nord et à la suppression de la zone libre « je crois bien que “mon idée à moi” était une ânerie ;
11 nov.      Fin de la zone libre, qui devient zone occupée ;
16 nov.      « Je ne crois plus du tout à “mon idée à moi” ». ;
25 nov.      « On chancelle un peu dans sa façon de penser » à la lecture de journaux d’avant-guerre, des assurances d’Hitler « de respecter l’indépendance de l’Autriche, de n’avoir rien à réclamer à la France, suivies peu après de l’annexion de l’Autriche, de la reprise de la Rhénanie. » « Soi-même on se met à réfléchir. » ;
27 nov.      Sabordage de la flotte française à Toulon ;
1er déc.     PL, qui s’ennuie d’Anne Cayssac, lui a fait écrire par madame Bataiellie. Réponse laconique ;
05 déc.      Déjeuner chez Jean Galtier-Boisssière ;
11 déc.      Début d’une amitié avec Berthe Uccelli, bouquiniste face à l’Institut ;
14 déc.      Longue réponse d’Anne Cayssac à madame Bataiellie, « un débordement d’imputations venimeuses ». Nous apprenons qu’Anne Cayssac a vendu son chalet ;
17 déc.     Déjeuner chez Marcel Jouhandeau (qui, en tant qu’enseignant, n’est disponible que le jeudi) ;
20 déc.      Prix Goncourt à Marc Bernard (ne pas confondre avec Jacques) pour Pareils à des enfants (Gallimard) ;
22 déc.      PL vend trente-et-un volumes dédicacés à Roland Saucier, directeur de la librairie Gallimard ;
31 déc.      André Billy écrit à PL une lettre qui se termine par « Il paraît que Florent Fels écrit un livre sur vous ? ».

1943

14 janv.       (un jeudi), visite, à Fontenay, de Jean Paulhan et Madame.
15 janv.           Chicailleries avec sa voisine Madame Marcellin, à propos d’un espace de jardin à cultiver, accordé par PL, puis repris à la demande de Marie Dormoy ;
04 févr.            Nouvelle visite à Fontenay de Jean Paulhan et Madame. Jean Paulhan annonce à Pl qu’il va recevoir un prix de l’Académie française destiné aux écrivains s’intéressant aux animaux. Nouvelle que Julien Cain, interné à Romainville, a été déporté en Allemagne ;
23 févr.            PL reçoit un avis de l’Institut le priant de passer le plus tôt possible à la Caisse du Receveur des Fondations. Il s’y rend et est reçu par Georges Duhamel
31 mars           Mort de Camille Léautaud, (épouse de Maurice), née le 3 mars 1884 (embolie) ;
Avril                Baisse de la vue de PL : « Quand j’y réfléchis, c’est au cours de ces derniers mois que ma vue est devenue ce qu’elle est. Aux obsèques de la femme de mon frère Maurice, elle était encore satisfaisante. » (JL au 5 novembre) ;
03 avril            Obsèques de Camille. Nous apprenons que Jean-Paul Léautaud (né en mai 1906) a épousé une demoiselle Roversi ;
08 avril            Exposition de reliures à la bibliothèque Doucet. Conversations avec Paul Valéry et madame ;
18 avril            Proposition de la bibliothèque Doucet (via Marie Dormoy) de l’achat du manuscrit du Journal à raison de 1 000 francs par mois jusqu’à la mort de PL ;
07 mai             Nouvelle rencontre du frère d’André Rouveyre. Propos sur la famille Rouveyre ;
15 mai             « Ce soir […] un pneumatique de Jean Paulhan. (Le départ qu’il m’avait annoncé, en me demandant de n’en rien dire, de Drieu la Rochelle comme directeur de la revue est chose faite.) Il m’écrit que Jacques Lemarchand (je ne connais pas), qui devient rédacteur en chef de la revue (Paulhan, qui ne peut encore reparaître, comme il me l’avait dit également, probablement derrière lui) » ;
16 mai             « J’ai tiré ce matin du panier à chat […] la serviette de maroquin rouge (fort usagée) […], contenant tout le dossier du Petit Ouvrage : le manuscrit laissé en place, et toutes les liasses de notes destinées à son achèvement » ;
19 mai             « De 4 à 5, avec Paulhan, dans son bureau de la N.R.F. » pour préparer le texte des extraits du Journal qui paraîtront dans le numéro de juin ;
19 mai             « Tantôt, dans le hall de la N.R.F. où j’étais assis à attendre Paulhan, est passé devant moi un grand garçon, fort bien vêtu. Se retournant, et me voyant, est venu à moi, me tendre la main, et se nommant : Éluard. »
25 mai             « Été tantôt à la N.R.F. Gallimard absent avait chargé Queneau  de me recevoir. » ;
25 mai             « En fait, Drieu la Rochelle n’a pas du tout quitté la direction de la revue. » Personne, à la NRF se semble se douter que le numéro de juin (qui va paraître très en retard) sera le dernier ;
25 mai             « Écrit ce soir ma lettre au Recteur de l’Université pour les conditions du dépôt des cahiers manuscrits de mon Journal à la Bibliothèque Doucet. » ;
30 mai             Instauration de la Fête des mères ;
1er juin            « Rendez-vous avec Maurice Martin du Gard, au café des Deux Magots. »
04 juin            Rencontre fortuite d’Alphonse séché ;
04 juin            ou samedi 5 juin, parution du dernier numéro (352) de La NRF avant janvier 1953 (si l’on excepte les deux numéros spéciaux d’hommage à André Gide (11/1951) et Alain (09/1952)). Ce dernier numéro porte toujours la mention : « Le directeur-gérant : Drieu la Rochelle » ;
08 juin            Rencontre fortuite de Jean Paulhan. « J’ai reçu hier la N.R.F. du 1er mai ». Rencontre fortuite de Gaston Gallimard rue Sébastien Bottin et conversation sur la publication du Journal : « Aurez-vous du courage ? » ;
08 juin            Rencontre fortuite de Madame Bachelin, rue de Condé ;
18 juin            Rencontre fortuite de Raymond Queneau chez Gallimard ;
25 juin            Gaston Gallimard occupé avec les Allemands, PL est reçu par Claude Gallimard afin de définir plus précisément les conditions de publication de son Journal. Raymond Queneau assiste à l’entretien. « Vous n’avez pas besoin de lire, puisque vous devrez publier. »
28 juin            Mort de Louis Mandin au bagne de Sonnenburg. Rencontre fortuite de Madame Benjamin Crémieux et nouvelles de son fils et de son mari ;
28 juin            « Enfin, je suis débarrassé de mon second volume de chroniques dramatiques. » ;
11 août            Rencontre de Madame Sommet qui lui dit « Il paraît que vous avez des sentiments “collaborationnistes” » ;
14 août            Parution, en une de Comœdia, plus les 2/3 de la page trois, de fragments du Journal 1927 ;
1er sept.           Rencontre avec Auriant ;
06 oct.             « Mon dossier mortuaire (s’ajoutant à mon testament) est en ordre, complet. »
19 oct.             « Ce matin, envoi de la N.R.F., mes exemplaires service de presse de mon second volume Boissard. La mise en vente est donc proche. » […] « Passe-Temps est épuisé au Mercure. Nous allons voir si Bernard le réimprime ou le laisse tomber. » ;
19 oct.             Mort d’André Antoine ;
29 oct.             Visite à André Billy dans sa maison de Barbizon en compagnie de Marie Dormoy et de Marcel Adéma (publicateur de Guillaume Apollinaire dans La Pléiade) ;
Octobre           ou novembre, réimpression des Poètes d’aujourd’hui, épuisé (JL au trois novembre) ;
03 nov.            Rencontre de Léon-Paul Fargue ;
09 nov.            Au cours d’un « petit arrêt dans un café voisin » suivant la cérémonie commémorant la mort de Guillaume Apollinaire, Jacqueline donne son accord pour la publication de ses œuvres poétiques complètes, y compris les Poèmes à Lou. La parution en Pléiade se fera en décembre 1956. Jusqu’en décembre, nombreux échanges de lettres avec André Billy et André Rouveyre à propos des tractations et atermoiements de Jacqueline Apollinaire ;
15 nov.            « Le Théâtre de Maurice Boissard, tome II, est enfin arrivé. » (chez Gallimard) ;
17 nov.            Dans un bureau de la NRF, PL envoie douze volumes du Théâtre de Maurice Boissard II à ses proches ;
19 nov.            Parution officielle du second volume du Théâtre de Maurice Boissard ;
22 nov.            Premier déjeuner chez Florence Gould ;
26 nov.            Création à la Comédie-Française, par Jean-Louis Barrault, du Soulier de satin, de Paul Claudel, dans une version abrégée de cinq heures ;
27 nov.            Déjeuner chez Jean Galtier Boissière ;
02 déc.            Lettre d’André Billy expliquant plus en détails que le 03 janvier 1939 les raisons de sa brouille avec André Rouveyre ;
02 déc.            Première lettre d’une série et appels téléphonique d’une lectrice, Madame D…, un peu envahissante ;
08 déc.            Visite à Henri Le Savoureux pour lui porter son exemplaire du tome II du Théâtre de Maurice Boissard ;
20 déc.            Déjeuner chez Jean Galtier-Boissière ;
24 déc.            Déjeuner au restaurant Allard, rue de l’Éperon, avec Jean Galtier-Boissière en compagnie de son épouse et d’un monsieur Étevenon, inconnu du monde de l’édition, qui souhaite réaliser une édition du Journal littéraire avec 150 000 francs d’à valoir. Cet Étevenon de révélera vite peu sérieux ;
28 déc.            Rendez-vous avec Georges Duhamel, dans son bureau de secrétaire perpétuel, à l’Institut, en vue de la prochaine assemblée générale des actionnaires du Mercure le lendemain, Jacques Bernard tentant de prendre le pouvoir en ayant distribué des actions ;
30 déc.            Visite de Marcel Adéma ; évocation de l’affaire des statuettes du Louvre ;

Les années suivantes de cette chronologie paraîtront peu à peu jusqu’en 2023-2024.