Journal Gourmont I

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Les Notes et souvenirs sur Remy de Gourmont dans Les Nouvelles littéraires
Le « Journal Gourmont » et le refus du Mercure
L’Échec du « Journal Gourmont » des Nouvelles Littéraires
L’édition des Notes et souvenirs et du « Journal Gourmont » par Édouard Champion

Page publiée le premier mai 2025. Temps de lecture : 12 minutes, plus le document final.

Le « Journal Gourmont » est constitué d’extraits du Journal littéraire. Il ne faut donc s’attendre à aucun inédit.

Deux années du « Journal Gourmont » ont été publiées chez trois éditeurs différents. La première année, 1905, qui va être traitée dans cette page, est l’édition la moins documentée. La deuxième année, 1906, est parue dans le Mercure du premier octobre 1935, pages 50 à 77. La NRF de décembre 1935 a repris la première année, dans les pages 98 à 117. Ces deux dernières parutions seront décrites dans la page « Journal Gourmont II » à paraître ici le quinze juin prochain (2025).

Mais avant ce « Journal Gourmont », il y a eu l’article des Nouvelles littéraires :

Les « Notes et souvenirs sur Remy de Gourmont »
dans Les Nouvelles littéraires

Tout a commencé par un article de Paul Léautaud : « Notes et souvenirs sur Remy de Gourmont » paru dans Les Nouvelles littéraires du dix mai 1924.

Journal littéraire au six mai :

Porté auj. article Gourmont. Un feuilleton au moins ½ page. Ce que me dit M. du G1. Visite Descaves. Affaire Béraud. Ce qu’il m’en dit. Journal littéraire pris aux Nouvelles.

Visite Jean de Gourmont. Plaque le 9 mai Nouvelles littéraires. Me demande de faire quelque chose.

Ce sont de ces journées heureusement peu fréquentes où Paul Léautaud, pressé par le temps et peut-être la fatigue, ne note qu’en abrégé. On tente de deviner plus que de lire. Le surlendemain jeudi huit mai :

À l’imp. pour mon p. article Gourmont. On l’avait mis en feuilleton. Plus d’une ½ page. Guenne voulait en faire 2 feuilletons. Refusé. Y intercaler des portraits. Refusé. Finalement proposé de le mettre en colonnes en tête d’une page. Accepté.

« mon p. article Gourmont ». Que signifie ce p. ? Premier ? Un second était-il prévu ? À la BNF, ce numéro des Nouvelles littéraires commence à la page cinq. L’article de Paul Léautaud n’y figure pas, on peut donc en déduire qu’il est paru dans les pages précédentes. On peut en trouver le texte dans Passe-Temps, où il s’étale sur quinze pages et plus de 28 000 caractères.

Journal littéraire au neuf mai :

Ce matin, à 10 heures et demie, cérémonie de la plaque sur la maison de Gourmont, 71, rue des Saints Pères2. Cela s’est fort bien passé.

La plaque apposée au-dessus de la porte de l’immeuble du 71 rue des Saints-Pères, encore en place de nos jours, photographiée en avril 2010

Description de la cérémonie, puis les amis se retrouvent dans l’appartement de Remy de Gourmont, conservé par son frère Jean. Puis, en fin de journée :

Les Nouvelles littéraires parues ce matin sont presque un numéro spécial sur Gourmont. J’y ai un long article : Notes et Souvenirs, dont je suis presque content3. L’article de Jean de Gourmont est tout à fait bien.

Moins d’une semaine après la parution des Nouvelles littéraires, dans le Journal de Paul Léautaud au seize mai 1924 :

Ce matin, lettre d’Édouard Champion4 me demandant mes Notes et Souvenirs Gourmont5 pour sa collection Les Amis d’Édouard. Il exagère un peu. Champion tire à 200 exemplaires. Il vous en donne 80. Il en distribue quelques-uns. Il met le reste en cave et les sort un à un au bout de quelque temps, comme des raretés bibliophiliques, en tire souvent un assez bon prix. Tout cela sans vous donner un sou, alors qu’il est fort riche. Bon quand il s’adresse à un pontife des lettres qui lui-même est riche ou fort à son aise, mais en faire autant avec un écrivain comme moi, qu’il sait n’avoir pour vivre que ses appointements d’employé. Non. C’est un peu excessif. Je vais lui répondre négativement. Je n’aurais qu’à donner cet article à Fels6, pour la petite collection Stock, j’aurais 500 francs. Pas la peine de le donner pour rien à Champion, surtout dans un moment où je suis si pauvre.

Quelques semaines plus tard, le 23 juin 1924 :

Je suis passé devant la boutique de Champion. Il était justement là, au lieu de son petit cabinet au fond. Il m’a vu. Je suis entré. Je lui devais une réponse pour sa collection Les Amis d’Édouard, lui m’ayant demandé q.q. chose à la place des Notes et Souvenirs Gourmont. Il me donne les volumes Stendhal de l’édition des Œuvres complètes. Je ne puis lui refuser. Je lui ai dit que je lui donnerai q.q. chose. Je pense à mes Mots, Propos et Anecdotes.

Le « Journal Gourmont » et le refus du Mercure

Ce n’est que seize mois plus tard que nous lisons dans le Journal littéraire à la date du mercredi 28 octobre 1925 :

Il m’est venu il y a quelque temps l’idée de rassembler tout ce que j’ai noté dans mon Journal sur mes relations avec Gourmont. Dimanche dernier j’ai retrouvé dans mes papiers la note que j’avais faite pour penser à cela.
[…]
J’ai fini tantôt de copier, au Mercure, l’année 1905 de mes notes sur Gourmont. Cela fait 22 pages comme celle-ci. […]. Toujours excellente impression de ces notes.

Après de longues et sordides tractations financières dans le bureau d’Alfred Vallette à propos d’une publication de ce texte, Paul Léautaud écrit à Maurice Martin du Gard :

L’Échec du « Journal Gourmont »
dans Les Nouvelles Littéraires

À Maurice Martin du Gard

Samedi 31 octobre7 1925

        Mon cher ami,

Tâchez de vous trouver aux Nouvelles après-demain lundi vers 5 heures et demie. Je vous apporterai le commencement d’une suite de feuilletons dont je crois que vous serez enchanté : tous les passages de mon Journal littéraire concernant mes relations avec Gourmont depuis le premier jour jusqu’à sa mort, tels qu’ils ont été écrits le soir même de nos entretiens, rendez-vous, d’une heure ou d’une journée, sans un mot de changé, pour ne rien ôter au naturel, à la vivacité de l’impression ou des propos. Gourmont commence à monter. On n’a jamais rien écrit sur l’homme. Je crois que ce sera lu. Ce que je vous porterai forme deux feuilletons. Je poursuivrai ensuite. Je n’ai qu’à copier.

J’aurai plaisir à vous voir depuis si longtemps que je vous ai vu.

        Cordialement à vous.

P. Léautaud

Maurice Martin du Gard est enthousiaste. Journal littéraire au deux novembre 1925 :

[…] Nous parlons tout de suite du Journal Gourmont. Je lui demande si cela lui va. Il me répond : « Comment donc ! Mais tout à fait. Je vous remercie même d’avoir pensé à moi. » Il me demande comme cette idée m’est venue. Je lui explique : la note prise, retrouvée sur ma table, le commencement de lecture, la bonne impression, le commencement de copie. Je ne lui dis pas un mot de mes discussions au Mercure. Il me répète qu’il est enchanté, me remercie encore. Le prochain numéro est archi plein. Nous commencerons dans le suivant.
[…]
Il interrompt une minute la conversation pour me dire : « J’ai une chose à vous demander. Je veux vous acheter votre manuscrit (celui du Journal Gourmont). Cela ne vous fait rien, n’est-ce pas. Vous me direz un prix. Mais si, j’y tiens. Cela me fera grand plaisir. »

Puis, à la fin de la longue journée du six novembre 1925 :

C’est au moins ce soir que j’aurais dû porter mon 1er feuilleton de Journal à Maurice Martin du Gard. Je n’ai pas bougé. À toutes les raisons d’hésitation que j’ai, s’ajoute l’affreuse corvée que c’est pour moi d’aller corriger des épreuves et d’y retourner encore le jour de la mise en pages du journal.

Puis le onze novembre :

Une semaine de plus d’écoulée et je n’ai pas encore porté le Journal Gourmont à Maurice Martin du Gard, qui doit se demander ce que cela veut dire.

Et, d’hésitation en renoncement, après quelques objections de Maurice Martin du Gard, ce « Journal Gourmont » ne paraîtra pas dans Les Nouvelles littéraires.

L’édition des « Notes et souvenirs » et du « Journal Gourmont » par Édouard Champion

Deux mois après ce renoncement, le 25 janvier 1926 :

[Champion] m’a parlé d’une Collection de manuscrits qu’il a entreprise, je veux dire Collection de reproductions de manuscrits. Il m’a montré quelques exemplaires : un France, un Valéry et m’a demandé de lui en donner un de moi. Il faut que le texte n’ait pas encore été publié. On garde le droit de le publier quand le volume de ladite Collection a paru.

Et le 18 février :

[Champion] m’a demandé de lui donner quelque chose pour sa collection de reproductions de manuscrits. L’idée m’est venue quelques jours après de lui offrir, puisqu’il fallait quelque chose qui fût inédit, le manuscrit du premier morceau de mon Journal littéraire, concernant mes relations avec Remy de Gourmont, le même morceau qui a fait l’objet de mes histoires avec le Mercure. Champion m’a répondu tout de suite que cela lui allait parfaitement et que je pouvais — je le lui offrais dans ma lettre — venir le voir et lui montrer le manuscrit en question. J’y suis allé aujourd’hui. Affaire entendue tout de suite. Il a seulement trouvé ce manuscrit un peu court et m’a demandé de tâcher de lui trouver quelque chose pour compléter, une quinzaine de pages. Je crois que cette collection est surtout achetée par des Américains, envoyée même en Amérique. Champion m’a dit : « Vous comprenez, au prix qu’on leur fait payer, il faut tout de même leur donner quelque chose. » Il a gardé le manuscrit Journal Gourmont. Il va en commencer tout de suite l’impression.
[…]
J’ai aussi rappelé à Champion ce que je lui ai déjà dit dans ma lettre, pour lui offrir le Journal Gourmont, qu’il devra me rendre ce manuscrit, dont je n’ai pas le double. Il a fallu que je lui promette de lui en donner un autre.

Cette affaire se précise le lendemain, 19 février 1926 :

Je suis retourné tantôt voir Champion, comme il avait été convenu hier. J’avais préparé trois manuscrits : le premier chapitre, non terminé, du Petit Ami nouveau texte, le manuscrit premier jet de mon article sur Schwob dans le Mercure à l’occasion de sa mort, et le manuscrit de mon article sur Gourmont dans les Nouvelles littéraires8, en 1924. […]. Champion a appelé son associé et successeur, je crois, M. de Harting9 et c’est le manuscrit de l’article Gourmont qui a été choisi. […] Naturellement, il m’a demandé de lui donner le manuscrit de l’article sur Gourmont. J’ai dit oui. Ce manuscrit est un manuscrit écrit appliqué, pour l’imprimerie, pas l’écriture naturelle, donc sans grand intérêt à mes yeux. Champion m’a donné sur-le-champ les 2 000 francs convenus et m’a fait lui écrire un reçu sous forme de lettre « pour éviter le timbre », m’a-t-il dit. J’ai encore spécifié dans cette lettre que le manuscrit Journal littéraire doit m’être rendu. […]. En lisant cette lettre après que je l’eus signée et en voyant que je rappelais que le manuscrit Journal Gourmont doit m’être rendu, Champion m’a encore demandé de le lui laisser. Je lui ai répété ce que je lui ai dit hier, ce que je lui ai dit dans ma lettre, que je n’ai pas le double de ce manuscrit, que j’en ai besoin pour la publication dans le Mercure, que je ne veux tout de même pas m’amuser à copier… « Vous pourrez donner une reproduction », m’a-t-il dit. J’ai objecté que je ne vais tout de même pas sacrifier un exemplaire… « Si c’est cela qui vous arrête, mon bon, m’a-t-il dit, je vous donnerai un exemplaire de passe10. » Je n’ai pas cédé. « Non, non, lui ai-je dit, non. Vous voulez tout avoir. » Il s’est mis à rire et n’a plus insisté.

En effet. La reproduction comprendra deux manuscrits. Je lui en donne un pour lui. Il n’a pas à se plaindre. Quand je dis : pour lui ?… Je n’en suis pas sûr. Il doit les vendre, mais quand même il le garderait pour lui ? Je trouverai peut-être un jour à les vendre, moi-même, mes manuscrits ! Ce jour-là, je regretterai mes générosités.
[…].
J’aurai pour moi deux exemplaires, un japon, un ordinaire. Champion me l’a dit hier. Cela sera prêt, m’a-t-il dit, dans un mois. Il m’a rappelé aussi que j’aurai cette corvée : numéroter et parapher moi-même les 110 exemplaires, plus écrire une phrase sur 25 de ces exemplaires. Je n’ai pas demandé d’explications, mais sûr que tout cela doit être vendu d’avance, et bien vendu. On peut s’en rapporter à Champion.

Cinq jours plus tard, le 24 février :

Champion m’avait dit que j’aurai un exemplaire sur Japon et un exemplaire ordinaire de la reproduction de mon manuscrit. Je lui ai dit aujourd’hui que je désire avoir en plus deux exemplaires de passe, s’il n’y a pas mieux. Je pense en effet donner un exemplaire à Vallette et à Dumur, ces textes concernant Gourmont. C’est entendu avec Champion. J’aurai ces exemplaires.

Édouard Champion avait parlé d’« un mois » mais ce n’est que le trente juin (1926) que…

Je suis allé aujourd’hui signer et numéroter chez Champion les différents exemplaires de la reproduction de mon manuscrit Journal littéraire Gourmont. Une vraie corvée et je n’ai pas fini. J’ai encore une phrase à écrire sur je ne sais quels exemplaires destinés à des médecins. J’ai signé ainsi 120 exemplaires ordinaires, 13 ou 15 de luxe, 4 ou 5 de passe, cela sur le dernier feuillet de la reproduction, celui qui mentionne le tirage. Il restait à peu près une vingtaine d’exemplaires de ce feuillet. J’ai demandé ce qu’on en fait. Réponse : rien. Je t’en donne11. Un petit projet en dessous pour l’éditeur, comme toujours.
Une dame employée de Champion, Mme Frotti, je crois, jolie nouvelle mariée, séchait les feuillets au fur et à mesure que je signais. Elle m’a raconté que Valéry, qui s’est livré au même travail, pour une reproduction analogue d’un manuscrit de lui, devant toutes les signatures qu’il lui fallait donner ainsi, s’est écrié à un moment : « Mais vous ne savez donc pas que rien que ma signature, ça vaut cent francs ! »

Puis le lendemain :

Commencé ce matin le travail d’écrire quelques lignes sur les exemplaires de ma reproduction de manuscrits destinés à des médecins (?) 25 — et sur les exemplaires sur Japon, 15. Autre corvée. On arrive à ne plus savoir ce qu’on écrit.

La phototypie de ce manuscrit a été faite par Daniel Jacomet pour Édouard Champion.
Achevé de tirer le trente mars 1926 à cent-trente exemplaires dont dix sur japon (A à J) accompagnés d’une page autographe, — tous chiffrés à la main par Paul Léautaud et signés.

Pourtant la « date de tirage » de Paul Léautaud porte la date du trente mars…

Aspect de cette édition

La tranche et le dos dans l’emboîtage. L’aperçu de la tranche est ici recouvert de la fine couverture (photos Maxime Hoffman)

Cette édition à cent ans mais il en reste souvent un ou deux exemplaires en vente, parfois à des prix monstrueux, d’autres fois juste un peu cher. En janvier 2025, date à laquelle sont écrites ces lignes, un exemplaire est disponible pour 160 €uros et un autre exactement dix fois plus cher. Parions que c’est celui qui partira en premier.

Les exemplaires ordinaires sont sous un emboîtage de carton gris.

Photo maxime Hoffman

Cette édition comprend deux textes. Le Journal Gourmont proprement dit, qu’Édouard Champion a trouvé « un peu court » et les Notes et souvenirs (l’article des Nouvelles littéraires) pour compléter et qui constitue la seconde partie. Sous l’emboîtage nous trouvons donc ces deux textes sous une fine couverture de papier.

La couverture a un format de 16 x 25 cm. La plupart des pages du « Journal Gourmont », qui en compte 22, sur fond jaune-ocre, ont une dimension de 14 x 23 cm mais certaines pages sont repliées. La page trois est de 25,7, la page sept est de 26,6, la page huit est de 28,3, la page 17 et de 28,1 centimètres. Bien que provenant du Journal, le texte de ces pages est parfois différent de celui que nous connaissons. Le curieux pourra effectuer des comparaisons.

Sous la couverture, le « Journal Gourmont » sur papier jaune, et le manuscrit des Notes et souvenirs

Les Notes et souvenirs, sur fond gris-vert, compte treize pages, dont l’achevé du tirage. Les pages de l’exemplaire étudié ici ont une largeur un peu moins uniforme, de 15,7 à 16 centimètres sur une hauteur de 24,5 centimètres. La page sept est largement repliée et mesure 37 centimètres de hauteur.

La numérotation est parfois peu lisible, parfois rognée par la coupe et a souvent dû être renforcée lors de la fabrication du PDF proposé au téléchargement au bas de cette page.

Le texte de ces Notes et souvenirs (l’article des Nouvelles littéraires) peut être trouvé dans Passe-Temps, toujours disponible au Mercure (23 €uros) dans l’édition de janvier 1987. De très nombreuses différences ont pu aussi être observées.

La dernière page porte ce paragraphe : « La phototypie de ce manuscrit a été faite par Daniel Jacomet pour Édouard Champion. » Le site web belge qui retrace brièvement l’histoire de Daniel Jacomet, assez artificiellement semble-t-il, n’a pas su répondre au courrier lui demandant des précisions quant à la nature exacte de ce procédé.

La fabrication du PDF

Le scan a été réalisé d’après un original. La couleur très dense du papier a contraint à augmenter sensiblement la luminosité et le contraste. Pour une question de lisibilité et de poids de fichier, la couleur a été supprimée et convertie en niveaux de gris. La nécessité de renforcer le contraste a fait apparaître quelques lacunes, fort claires dans l’original. Le poids des fichiers (dix mégaoctets tout de même) a été privilégié par rapport à la qualité de la reproduction, ici anecdotique

Bien qu’il s’agisse d’un « manuscrit écrit appliqué, pour l’imprimerie, pas l’écriture naturelle », il reste que de nombreux fragments de phrases sont peu lisibles pour l’homme du XXIe siècle, peu habitué à l’écriture manuscrite et particulièrement celle de Paul Léautaud et de sa plume d’oie. Il a donc paru indispensable, face à ce texte manuscrit, d’apposer sa traduction dactylographique exacte, à la virgule près.

Notes

1       Maurice Martin du Gard (1896-1970), écrivain et journaliste, petit-cousin de Roger Martin du Gard et fondateur des Nouvelles littéraires.

2       Où habitait Remy de Gourmont.

3       C’est en lisant cet article que Véronique Valcault va découvrir Paul Léautaud.

4       Les Champion sont une dynastie d’éditeurs dont le nom perdure encore de nos jours. Honoré Champion (1846-1913), a fondé cette maison d’édition en 1874. Honoré a deux fils, Pierre et Édouard. Pierre (1880-1942), chartiste, biographe de Jeanne d’Arc, prendra sa suite dans la maison située à l’époque au 5, quai Malaquais après avoir été installée au numéro quinze, puis, vers 1885 au 9, quai voltaire. Pierre champion sera maire de Nogent-sur-Marne de 1919 à sa mort et aussi Conseiller général de la Seine. Édouard (1882-1938), libraire-éditeur également, est médiéviste.

5       Ces « Notes et souvenirs sur Remy de Gourmont » avaient paru dans Les Nouvelles littéraires du dix mai 1924.

6       Florent Fels (Florent Felsenberg, 1891-1977), critique d’art avant-gardiste, fondateur puis codirecteur de la revue Action (cahiers individualistes de philosophie et d’art), nommé directeur artistique de Radio Monte-Carlo en 1945.

7       Cette lettre est datée du samedi 21 octobre dans la Correspondance Générale, ce qui pose déjà un problème, le 21 octobre 1925 étant un mercredi. La lecture de la journée du 31 incite à la redater et déplacer ici sans trop d’hésitations, ce qui sera confirmé par le début de la journée du 2 novembre.

8       Ce texte est paru dans Les Nouvelles littéraires du dix mai 1924 (note 5). Ce n’est donc pas un inédit. Selon les Amateurs de Remy de Gourmont, ce même numéro contient un « Hommage à Remy de Gourmont » par Théophile Féret mais les quatre premières pages de ce numéro sont manquantes à la BNF.

9       Les léautaldiens connaissent davantage Madeleine de Harting (née Madeleine Feuchtwanger, 1901-1986) qui est, de 1925 à 1928, propriétaire de la librairie « À la porte étroite », 10, rue Bonaparte. Elle finira propriétaire de la librairie Champion jusqu’en 1973. De gérant en gérant, la librairie a survécu à cette adresse jusqu’en 2015 avant de déménager pour le 3, rue Corneille (la rue qui longe l’Odéon sur la gauche).

10     Les exemplaires « de passe », estimés à l’époque à dix pour cent du tirage, sont des exemplaires destinés au réglage des machines. Ils ne font donc pas partie du chiffre du tirage… ni de la rémunération de l’auteur. Or les imprimeurs habiles n’ont pas besoin d’une telle quantité d’exemplaires pour leur réglage et de nombreux exemplaires de passe sont donc commercialisables… et commercialisés… mais non décomptés pour l’auteur comme exemplaires vendus. Certains sont détournés comme exemplaires « de chapelle », de montre ou de dépôt. Les exemplaires de chapelle sont prélevés et vendus par les imprimeurs au profit du secours des ouvriers imprimeurs dans le besoin, à une époque où la sécurité sociale n’existait pas. La sécurité sociale existant de nos jours, l’imprimerie étant une longue tradition, l’usage des exemplaires de chapelle est demeuré. Les exemplaires de montre étaient ceux mis en vitrine chez l’éditeur ou utilisés à des fins publicitaires autres que les services de presse. Les dix exemplaires de dépôt étaient destinés au dépôt légal.

11     Peut-être peut-on rapprocher cette expression de la formule « Je t’en donne (fiche) mon billet » venant du temps ou un billet était une attestation.