Poètes, par Louis Dumur

Page publiée le quinze mars 2026. Temps de lecture : à peine plus de dix minutes.

Toutes les pages sur les Poètes d’aujourd’hui parues jusqu’ici dans leautaud.com concernent la première édition, parue au cours de l’été 1900. Le filon des textes disponibles étant à peu près épuisé, il est temps d’ouvrir une série concernant la deuxième édition, en deux tomes, parue à la fin de 1908.

Parmi de nombreuses critiques, celle de Louis Dumur a été retenue pour ouvrir cette série réservée au tome deux. Cette série sera d’ailleurs courte, représentée par cette unique page, ce site web prenant, à partir de janvier prochain (2027) une direction différente, essentiellement recentrée sur les chroniques dramatiques dont une publication intégrale est envisagée, quinzaine après quinzaine.

Donc, en attendant, voici le texte de Louis Dumur paru dans La Dépêche, datée du quatre janvier 1909. Ce « journal de la démocratie » va être dirigé à partir de cette année 1909 par Maurice Sarraut, sénateur radical de l’Aude.

Bandeau de titre du numéro du quatre janvier 1909 »

La Dépêche est un des grands journaux de province ayant à cette époque une influence à Paris. Plusieurs auteurs parisiens y écrivaient souvent, comme ici Louis Dumur et aussi Remy de Gourmont. Lors de l’organisation de leur voyage à Rouen de septembre 1908, Paul manquant d’argent pour ce déplacement ces deux compagnons lui on fait cette proposition que l’on peut lire au onze septembre :

Dumur m’a dit : « Je ne sais pas si vous savez que j’écris des articles à la Dépêche de Toulouse. Eh ! bien voilà. Vous pourrez y publier un article, sous forme d’interview, à propos des nouveaux Poètes d’Aujourd’hui. C’est moi qui ferai l’interview. Je ferai dix lignes de début. Je vous poserai trois ou quatre questions. Vous écrirez les réponses. Ce sera cinquante francs. Il y a cela, ou un article sur les Stendhaliens. »

C’est cet article sur les poètes d’aujourd’hui signé Louis Dumur qui est reproduit ici. On peut remarquer qu’en aucun cas Louis Dumur n’indique qu’il a des intérêts dans la maison publiant les volumes.

Nos enquêtes — Chez les poètes

Les Poètes d’aujourd’hui — Ce que dit M. Paul Léautaud — Les Symbolistes et leurs successeurs — Néoparnassiens et néosymbolistes — Les Nouvelles tendances — Nord et Midi.

Paris, 3 janvier [1909]. — Au commencement d’une nouvelle année, on inventorie volontiers ses richesses. La poésie est une des richesses de la France. C’est ce que l’on ne contestera, certes, pas dans le Midi, qui fut toujours fécond en poètes, comme en ténors. Il m’a donc semblé qu’un petit tour chez les poètes ne serait pas déplacé en cette saison. Il se trouve même que cette promenade de fantaisie ne rompt pas trop délibérément le cercle de l’actualité dans lequel doit s’enfermer tout « enquêteur » quelque peu sérieux, car MM. van Bever et Léautaud viennent justement de donner, pour les étrennes, une nouvelle édition, considérablement augmentée, puisqu’elle comporte deux volumes au lieu d’un, de leur célèbre anthologie des Poètes d’aujourd’hui.

Je ne pouvais mieux faire, pour « enquêter » sur les poètes, que de m’adresser à l’un de ses deux excellents experts de notre plus récente poésie. M. Paul Léautaud a bien voulu, avec sa bonne grâce ordinaire, rendue plus méritoire par l’esprit de précision qui le distingue et le dédain qu’il professe des phrases, se prêter au supplice de l’interview, et qui, pis, est de l’interview littéraire.

— C’est très gentil me dit M. Léautaud, d’avoir supposé qu’ayant fait un recueil de morceaux choisis des nouveaux poèmes je pourrais vous dire quelques mots sur l’état actuel de la poésie.

« Notre ouvrage1 part du Symbolisme, comme vous savez. On s’est beaucoup moqué du Symbolisme. Les nouveautés font toujours un peu crier. Il y a les écrivains en place, qui craignent de se voir démoder. Il y a le public, que déconcerte tout ce qui sort de ses habitudes de lecture. C’était un temps à passer. Aujourd’hui c’est fini. Le mouvement symboliste est arrivé à son aboutissement. Il est entré dans l’histoire littéraire. On se rend compte de son intérêt, de sa raison d’être, de son influence. On reconnaît, comme dit M. Gustave Lanson2, tout ce que cette formation poétique avait de fécond, de puissant, on peut même dire de raisonnable et de conforme au sens profond de notre poésie dans la rupture apparente de toute tradition. Le Symbolisme nous a donné des poètes comme Henri de Régnier, Émile Verhaeren, Jean Moréas, Albert Samain, Francis Jammes, Vielé-Griffin, un philosophe comme Maurice Maeterlinck, un idéologue et critique comme Remy de Gourmont, un romancier et conteur comme Pierre Louÿs. Je vous cite les plus connus. Ce fut une belle école d’art, désintéressée, un beau groupement, où chacun gardait cependant sa personnalité.

« Évidemment, en temps qu’école, le Symbolisme est clos. Il a donné ce qu’il devait donner. Les jeunes poètes ne sont pas symbolistes. Ils sont même en réaction contre le Symbolisme. Voyez l’article, fort intéressant, que l’un d’eux, M. Jean-Marc Bernard3, a publié tout récemment dans la Société nouvelle contre Mallarmé4. Il paraît que M. André Gide s’en est senti atteint personnellement, on m’a raconté cela, et qu’il s’est fâché tout rouge que, dans le premier numéro d’une qu’il venait de fonder5 — comme un tout jeune débutant — on eût seulement reproduit un extrait de cet article. Cela m’a bien amusé. C’est le sort de toute école littéraire d’être discutée par celle qui lui succède et de voir son œuvre et son influence niées par les nouveau venus. Les jeunes poètes d’aujourd’hui sont naturistes, humanistes, intégralistes, unanimistes6, etc. Ceux qui leur succéderont seront encore autre chose et les discuteront de même. Ainsi, tenez, voilà M. Fernand Gregh. Il a beau n’être pas content, à ce qu’on m’a dit, de sa notice dans notre ouvrage, où je vous assure pourtant qu’il n’est entré aucune intention désagréable. Je le considère comme un poète de talent. Ses poèmes ne sont presque jamais de vains exercices de rhétorique. Il a écrit en vers libres quelques pièces d’un rythme très personnel. Lisez, par exemple, dans notre choix, la pièce intitulée : Je vis7… Il y a vraiment là l’expression très directe de choses profondément senties. N’empêche que M. Gregh vieillira. Nos successeurs ne trouveront peut-être plus dans son œuvre tout ce qu’y trouvent ses admirateurs. Un jour, quand il sera de l’Académie8, un jeune poète combatif, comme il l’a été lui-même, le traitera peut-être de vieille perruque. D’ailleurs, les écoles… Elles ont sans doute leur raison d’être sur le moment, au début. C’est une farce, peut-être ? En réalité, ce qui compte uniquement, c’est le talent. Un écrivain de talent arrive toujours à se dégager de ce que compte d’étroit, d’artificiel et de faux l’esthétique d’une école. Son œuvre a alors son intérêt en elle-même, par elle-même. Elle retrouve tout naturellement sa place et son lien dans la tradition, avec les seules différences de style et de mœurs. Les autres, ce sont des phénomènes, des curiosités pour les étrangers. M. René Ghil est un très bon exemple de tout ce que je vous dis là.

« Maintenant, il y a aussi les Néo-Symbolistes, le groupe de la Phalange9, une revue qui a fait suite à une réapparition éphémère des Écrits pour l’Art10. On prône là l’obscurité comme le premier principe littéraire. C’est du reste ce qui a amené la scission entre M. René Ghil et M. Jean Royère11 sous l’inspiration de qui avaient reparu les Écrits pour l’Art. M. Jean Royère trouvait la littérature de M. René Ghil très claire. Celui-ci s’en est fâché, naturellement12. Il a planté là M. Royère, qui pour se dédommager a fondé la Phalange. Depuis, ils sont là une demi-douzaine qui recommencent le Symbolisme, qui nous refont du Mallarmé. Et ne croyez pas à de tout jeunes gens. Ils seraient excusables. Nous avons tous passé par là. Tous ces messieurs sont loin d’être jeunes. M. Royère est même tout chauve. J’entendais un jour l’un d’eux, M. Sébastien Voirol13, célébrer devant moi les mérites de la Phalange. « Une revue faite en dehors de tout intérêt, disait-il ». Je me suis retenu pour ne pas le complimenter sur cette si juste appréciation. Vous connaissez le mot de M. Georges Batault14. Il est un peu vif, mais amusant “La Phalange des Pieds” ».

Ces généralités une fois exprimées, je demande à M. Léautaud quelle est l’idée qui a présidé à son choix de poètes.

— L’idée qui a présidé à notre choix ? C’est bien simple. Notre but était de donner au public un raccourci de la poésie symboliste, ou, pour parler plus exactement, de la nouvelle poésie. Nous sommes remontés d’abord à Paul Verlaine et à Stéphane Mallarmé, dont l’œuvre a si fortement influencé celle des poètes symbolistes, qui en dérive directement. Nous avons ensuite choisi les plus significatifs de ces derniers, sans aucune préoccupation de plus ou moins de réputation, de plus ou moins d’œuvres, non plus que de nationalité, pourvu qu’ils eussent écrit dans notre langue. Nous nous sommes ensuite occupés des poètes restés à côté du Symbolisme, puis des tout nouveaux poètes, déjà en réaction contre le Symbolisme. C’est ainsi qu’on trouvait dans notre ouvrage M. Fernand Gregh, célébré par la critique, et M. Raymond de La Tailhède, connu seulement des écrivains. Note allions de M. Henri de Régnier, dont l’œuvre comptait déjà, à M. Paul Valéry qui n’avait publié aucun volume. À côté de poètes usant de préférence du vers libre, comme MM. Gustave Kahn, Émile Verhaeren et Vielé-Griffin, nous avions admis des poètes très proches du Parnasse ou tout au moins demeurés fidèles à la technique parnassienne, comme MM. Henri Barbusse, Pierre Louÿs, Pierre Quillard, Robert de Montesquiou, Rodenbach, etc… tous reliés entre eux pour ainsi dire, par des poètes pratiquant un alexandrin libéré, comme MM. Henry Bataille, Francis Jammes, Maurice Magre, et M. Paul Fort, dont les Ballades sont en prose rythmée. Quant à être complets naturellement… Un seul volume ne le permettait pas. C’est comme le reproche qu’on nous a fait de n’avoir pas toujours donné les pièces les plus significatives de certains poètes. Mais nous faisions un livre pour le public. Il ne fallait pas trop surprendre. Il fallait le séduire, éveiller sa curiosité, lui faire comprendre que la vraie poésie n’était pas seulement chez les poètes officiels, qu’elle n’y était pas en tout cas tout entière, et qu’il y avait aussi chez les nouveaux poètes des écrivains vraiment dignes de son attention et de son admiration. On a même été jusqu’à nous reprocher d’avoir omis les grands parnassiens, Coppée, Heredia, Sully-Prudhomme, Dierx15. Notre titre était clair pourtant : Poètes d’aujourd’hui, et ces deux dates aussi : 1880-1900.

« Notre nouvelle édition en deux volumes nous a permis de faire plus complet et de nous mettre à jour avec le même éclectisme. Elle comprend dix-neuf noms nouveaux, tant de poètes que le premier cadre nous avait forcés à écarter que de poètes qui se sont révélés depuis. Parmi les premiers ; Rémy de Gourmont, Louis Le Cardonnel, Grégoire Le Roy, Saint-Pol-Roux, Charles Van Lerberghe, Albert Mockel, un excellent critique. Puis quelques nouveaux poètes à côté du Symbolisme Jean Lorrain, Gérard d’Houville, Ernest Raynaud. Il y a aussi M. Sébastien-Charles Leconte, un Leconte de Lisle16 moins terrible, an Pasteur de moutons au lieu d’un Pasteur d’éléphants. Parmi les nouveaux venus, Émile Despax, la comtesse de Noailles, Mme Delarue-Mardrus, Léo Larguier, un néo-romantique, l’air sorti d’hier d’un cénacle de 1830, et Paul Souchon qui a des intentions de poète tragique. Il y a même un jeune poète suisse, M. Henry Spiess qui n’est pas celui qui a le moins de talent, vous verrez cela. Les notices sont plus étendues, les poètes ne se plaindront pas. Ces choix de poèmes de la première édition ont été augmentés en raison de nouvelles œuvres publiées. L’ouvrage doit être certainement mieux. Ce qui ne veut pas dire encore, que nous ayons épuisé tous les poètes de talent. Il nous a encore fallu nous borner, prendre les plus marquants. Il en reste quantité d’intéressants : François Porché, André Spire, André Salmon, Victor-Émile Michelet, Albert Fleury… Il y a les poètes du Nord, tout le groupe du Beffroi17, Léon Deubel, Amédée Prouvost, Théo Varlet, Paul Castiaux, Marius Gossez, Edgar Malfère, Auguste Angellier, Jules Mouquet, Henri Potez, Roger Allard, Léon Bocquet, Marie Delétang… Il y a aussi les poètes du Midi…

— Vous prévenez justement, dis-je alors à M. Léautaud, une question que je me proposais de vous poser. Que pensez-vous des poètes du Midi ?

— Oh ! c’est que c’est presque grave, cela ! Parler des poètes du Midi ! Enfin, soit ! Mais vous me prenez un peu de court. Laissez-moi y réfléchir et revenez me voir dans un ou deux jours.

Louis Dumur

Notes

1       C’est bien entendu toujours Paul Léautaud qui est censé parler par la plume de Louis Dumur, même si l’on reconnaît bien davantage la manière de Louis Dumur. C’est pourquoi ces paragraphes n’ont pas été justifiés.

2       Historien de la littérature et critique littéraire, normalien, agrégé et docteur en lettres, Gustave Lanson (1857-1934) sera directeur de l’École normale supérieure de 1919 à 1927. Il n’est pas impossible que Louis Dumur ait rencontré Gustave Lanson en Russie vers 1886-1888 où ils étaient tous deux précepteurs d’enfants de riches familles.

3       Jean-Marc Bernard (Jean Bernard, 1881-1915, mort au combat à 34 ans), a collaboré à plusieurs revues, dont Les Guêpes (tendance monarchiste). Proche de l’Action française, disciple de Charles Maurras, il a aussi collaboré à la Revue critique des idées et des livres et au Divan. Voir le Bulletin de la société d’archéologie et de statistique de la Drôme d’octobre 1916, de la page 404 à la page 428 dans une nécrologie conjointe de (Jean-)Marc Bernard et de son ami Raoul Monier tous deux morts au combat.

4       Jean-Marc Bernard, « Stéphane Mallarmé et l’Idée d’impuissance », La Société nouvelle, juillet 1908, pages 178-195.

5       La NRF, évidement, dans son premier numéro de novembre 1908, où, page 77, dans la rubrique des revues, Léon Bocquet a osé rendre compte de l’article de Jean-Marc Bernard. Suite à cela La NRF sera sabordée par son fondateur avant de renaître avec une nouvelle équipe pour un nouveau numéro 1, daté de février 1909.

6       À propos de cette école voir l’article de Jean-Marc Bernard dans La Société Nouvelle d’octobre 1908, pages 122-127.

7      

Fernand Gregh, Je Vis, premières strophes, premier tome de la troisième édition de 1930, pages 279 et 280

8       Louis Dumur, qui rencontre souvent Fernand Gregh aux Mardis de Rachilde est sans doute ici un peu ironique. Il reste que Fernand Gregh sera élu à l’Académie française dans plus de quarante ans, en janvier 1953 et reçu par Jules Romains le quatre juin. Fernand Gregh sera élu au premier tour par 25 voix (contre Bernard Grasset) au bénéfice de l’âge, après treize échecs.

9       La Phalange « revue mensuelle de littérature et d’art » fondée en 1906 par Jean Royère (1871-1956). Cette revue a paru de juillet 1906 à mai 1914 puis de décembre 1935 à janvier 1939.

10     La revue mensuelle Écrits pour l’Art, fondée par René Ghil (notice) est parue la première année sur six numéros, de janvier à juin 1887. Ce qui était rare, ces six premiers numéros comportaient une photographie hors-texte détachée de René Ghil (en toute modestie), Stuart Merrill, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Henri de Régnier et Villiers de L’Isle-Adam. Une deuxième série est parue le quinze mars 1905 sous la direction de Jean Royère, peut-être jusqu’en février 1906.

René Ghil dans le premier numéro d’Écrits pour l’art

11     Jean Royère (1871-1956), directeur des Bibliothèques municipales de la Ville de Paris, poète et éditeur. Il y a une affaire Royère/Léautaud qui sera peut-être traitée ici un jour.

12     Ce texte sera repris par Paul Léautaud dans sa lettre à Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay (Maurice Pagnier, 1886-1942) datée de février 1909.

13     Sébastien Voirol (Gustaf Henrik Lundqvist, 1870-1930), homme de lettres, journaliste et traducteur, il s’est installé à Paris en 1889. Auteur d’une dizaine d’ouvrages d’inspiration orientalo-ésotérique, traducteur de romans américains, allemands, danois et norvégiens, donnant des articles et des chroniques à des organes de presse tels que Les Lettres, La Grande Revue ou Le Figaro, franc-maçon dès 1901, il est intégré à un milieu littéraire et artistique à la fois cosmopolite, mondain et d’avant-garde. Sébastien Voirol a épousé Claudine, sœur des frères Perret en 1901. Voir André Billy, Le Pont des Saints-Pères à partir de la page 125. Un portrait de Sébastien Voirol sera dressé par Maurice Boissard dans sa chronique du Mercure du 16 août 1919.

14     Georges Batault (1887-1963), écrivain, historien et philosophe suisse d’expression française, nationaliste et antisémite, proche de Louis Dumur. Georges Batault écrit dans le Mercure depuis 1908 et tiendra la rubrique des journaux à partir de 1928.

15     Léon Dierx (1838-1912), que des pairs élurent « prince des poètes » à la mort de Stéphane Mallarmé. Voir un saisissant portrait de Léon Dierx dans André Billy, Le Pont des Saint-Pères (Fayard 1947), à partir de la page 156.

16     Charles Leconte de Lisle (le prénom est généralement omis, 1818-1894) est unanimement considéré comme le maître des parnassiens, par son ancienneté, d’abord, par son charisme et par le fait qu’il a été le premier à en définir clairement la doctrine et enfin par sa publication de trois volumes de poésies rassemblant une centaine de poètes sous le titre Le Parnasse contemporain, chez Alphonse Lemerre entre 1866 et 1876. Cet ouvrage est resté la référence poétique de toute cette fin de siècle. La doctrine parnassienne peut être résumée par un certain retrait, un fort attachement à la forme stricte, un classicisme rigoureux et une référence constante aux mythologies. Charles Leconte de Lisle condamne donc fermement les lamentations débridées et autocentrées des romantiques, et pour tout dire les enterre. Néanmoins très soutenu par Victor Hugo, Charles Leconte de Lisle sera élu à l’Académie française à la mort de celui-ci (en mai 1885), le remplacera au fauteuil quatorze en février 1886 et prononcera son éloge en mars 1887. Le 29 février 1928, Paul Léautaud émettra une opinion assez tranchée sur ce poète.

17     Le Beffroi « Art & littérature modernes » était la revue du Belge Léon Bocquet (note 5), parue de 1900 à 1905. Cette revue a eu comme collaborateurs (parmi nos poètes) Léon Deubel, Anna de Noailles, Philéas Lebesgue, Albert Samain…