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Paul Léautaud l’a souvent dit : à partir du moment où vous publiez trois lignes, tout le monde a le droit de critiquer vos trois lignes.

Pour des raisons liées au fonctionnement de la société, les pages web sont peu critiquées. Elles sont visitées, ou pas.

On sait généralement pourquoi une page n’est pas visitée, comme on sait aussi pourquoi un livre n’est pas lu. Il se trouve que l’inverse n’est pas toujours vrai comme il va être démontré ici.

Tout auteur de page web dispose gratuitement d’outils plus ou moins sophistiqués lui permettant de mesurer son audience, à l’échelle d’un pays, d’une ville ou même d’un quartier. Les éléments fournis par Google analytics sont suffisamment précis pour que l’on puisse déterminer avec un peu d’habitude si la tante Jeanne ou le cousin Pons sont des visiteurs réguliers (généralement ils ne le sont pas). Ces outils de mesure sont donc le meilleur moyen de devenir parano, voire de finir en asile psychiatrique si l’on insiste un peu. D’où le mot analytics.

Donc, en fait, vaut mieux pas savoir.

L’outil standard de WordPress est assez rustique. En fait WordPress est assez rustique. On connait son audience pays par pays. Rien d’autre, ce qui est meilleur pour la santé. Pour mille visiteurs on saura qu’il y en a eu deux pages vues au Matabeleland et une en Rhodésie du Nord mais pas quelles pages ont été vues dans quel pays. C’est quasiment bio.

Mais il y a tout de même des surprises.

Ainsi la page ==== J-K-L-M ====.

Il arrive qu’un gars distrait, ou affligé d’une mauvaise vue ou d’un tremblement parkinsonien clique à côté du lien. Mais 25 fois ? Oui, vous lisez bien — en tout cas c’est ce qu’il y a d’écrit — quelqu’un a cliqué 25 fois sur ==== J-K-L-M ====. Et personne sur ==== A-B-C-D ====, allez savoir pourquoi !

Rien que pour ça, ça vaut le coup de s’occuper d’un site web !

Et bon été à tous !

Michel Courty
juillet 2021