Vie de ce site

Les propriétaires de WordPress sont des hommes d’affaire ordinaires. Une injure plus grande serait dangereuse et de toute façon je n’en connais pas de pire.

Tout administrateur de site, tout auteur, tout éditeur, aime bien savoir s’il est lu.

L’outil chéri des administrateurs de site est Google analytics, qui permet gratuitement de connaître avec une grande précision l’audience de son site, les types de visiteurs, la ville d’où ils se connectent, le temps passé par page, des choses comme ça.

C’est gratuit mais chez WordPress, c’est payant. Et pas qu’un peu, 258 €uros par an. Du coup on se contente du truc de base. Les villes sont remplacées par les pays, la durée de présence sur la page n’est pas indiquée et un clic de travers d’une demi-seconde sera vu de la même manière qu’une lecture complète et attentive suivie d’un copier/coller.

Si l’on veut savoir un peu à quoi sert tout le mal qu’on se donne, tous les mois il faut passer une heure pénible à collationner sous Excel des données distillées une à une.

Voilà ce que ça donne :

La page la plus visitée, incontestablement est celle consacrée aux Douze poèmes de jeunesse. Jamais je n’aurais pensé à une chose pareille. Les poètes francophones sont donc très actifs puisque les Poètes d’aujourd’hui arrivent en quatrième place sur une soixantaine de pages ;

La deuxième page la plus visitée, est la chronologie, ce qui fait plaisir parce que le travail est énorme ;

Paru et à paraître arrive en troisième position, le visiteur léautaldien est donc friand d’actualité, quelque soit le paradoxe ;

Puis viennent les Poètes d’aujourd’hui, déjà cités, et L’Épidémie d’Alberto Moravia (je ne place pas de lien), autre vedette mais assez exogène. Ce succès est contrariant. Je ne cherche pas le succès et n’ai rien à vendre, je ne suis pas un homme d’affaires. Comme certains lieux touristiques, l’afflux de visiteurs dérange. Ils viennent, prennent trois petites photos et s’en vont. Cette page, qui a été placée là le quinze mars comme un clin d’œil, un pied-de-nez ou ce que l’on voudra, n’a pas sa place ici et sera supprimée fin mai, vous voilà prévenus.

Elle est suivie par l’Avancement du Journal, page qui n’a sa place que pour indiquer ceux des amis ou de la famille qui le demandent — rarement — « Alors, tu avances bien ? »

Puis vient, sans trop de surprise, l’arbre généalogique, échafaudé laborieusement, info après info, parfois contradictoires.

Enfin — nous n’irons pas plus loin dans les meilleures audiences — sans trop de surprise la seule personne vraiment connue de ce site, Georges Duhamel.


Restent, sinon les mauvaises surprises, du moins les désillusions ou les interrogations.

Personne n’assiste aux repas de la Vallée-aux-Loups et c’est bien dommage, il s’agit, selon moi, des pages les plus intéressantes de ce site. Bon c’est un peu récent — premier mars pour la première série de trois repas — mais quatre visiteurs en mars et deux en avril, il y a un loup dans la vallée.

Et je voudrais finir par une surprise jamais démentie, le succès de la page du parfait inconnu Louis Fabulet, qui arrive tout seul à la vingtième place de l’audience. Je suis resté un moment à m’interroger sur ce succès inattendu (je n’ose écrire immérité) mais, oui, bien sûr, c’est, avec Robert d’Humières, le traducteur du Livre de la Jungle… et Google fait son travail.

Gratuitement et bien.

Michel Courty
10 mai 2020